Quand le soleil brûle la peau et la rétine, on se demande comment se rafraîchir ? Oui, la douche froide c’est une solution. Mais quand on est jeune, qu’on veut être avec ses amis et qu’on souhaite malgré tout profiter de ce soleil, une seule solution lorsqu’on habite le 93 : la piscine. En revanche, il faut se lever tôt et être à l’entrée avant midi, autrement, une heure de queue vous attend.

De juin à la fin août, c’est pareil chaque année. Des bassins blindés de monde, des petits qui crient dans la pataugeoire, des plus grands qui jouent à la bataille dans l’eau ou encore des mamans affolées de ne plus apercevoir leur fiston parmi les 36 têtes qui flottent. Il nageait simplement sous l’eau, pas d’inquiétude, madame…

Le réel problème dans ces piscines, c’est la sortie des vestiaires et l’entrée dans les douches avant de se baigner. Comme bon nombre de piscines, le bonnet de bain est obligatoire pour la baignade ainsi que le slip ou boxer de bain. Pas le droit de porter un petit short un peu lâche sur les contours. Du coup, se la jouer beau gosse avec un « moule noix » comme l’appellent les jeunes a parfois quelque chose de ridicule, et certains estiment que porter des maillots moulants, « ça se fait pas ». Les filles, elles, tentent le paréo histoire de cacher leurs formes le temps de passer autour des bassins, mais manque de pot, il est aussi interdit.

Il y a deux ans, il n’était pas interdit de porter un paréo ou de ne pas avoir de bonnet de bain à la piscine de Bobigny. Les rébellions sont aujourd’hui nombreuses, histoire de narguer les maitres-nageurs. Parfois les mecs arrivent en courant dans la piscine et sautent en vitesse dans le bassin avec leur short de bain en espérant ne pas s’être fait remarquer. Ou encore les minettes qui se dépêchent de passer en priant d’être invisibles le temps d’arriver sur la pelouse extérieure. Et parfois c’est une armada de filles et garçons qui se lancent le défi de courir jusqu’au bassin et sauter sans bonnet. En trois secondes, les sifflets hurlent et les maîtres-nageurs se mettent à leur crier dessus. La sanction : exclusion définitive pour la journée.

Le manque de place est un réel problème aussi quand on décide de prendre sa journée pour faire bronzette et qu’une fois arrivé sur place, les pelouses et les bords de piscines extérieures sont pleins à craquer. On a alors envie de balancer une des serviettes étalées au sol et de s’y installer à la place. Mais cela déclencherait une apocalypse d’autant que les femmes oranges (celles qui se tartinent d’auto-bronzant le matin avant de sortir) crient fort et savent utiliser leurs mains. Ça peut devenir un combat de coqs, ou plutôt de poules, en furie. Pas beau à voir quand la cellulite et les taches de rousseurs dues à une trop grande exposition au soleil, viennent gâcher le paysage…

Mais à défaut de faire trois heures de route pour aller à la plage la plus proche, celle où tout le 93 se réunit au moins une fois par an, Deauville, on se contente de la piscine du quartier. Même si les mateurs s’en donnent à cœur joie, même si les plus de 16 ans tentent de faire plus jeunes, histoire de payer l’entrée moins chère, et même si les centres de loisirs y vont aussi, ce qui transforme la piscine en fourmilière, on l’aime notre piscine Jacques Brel.

Inès El Laboudy

Demain sur le Bondy Blog : drague à la piscine de Bobigny.

Inès El Laboudy

Articles liés

  • Mort en prison de Sofiane Mostefaoui : pour sa famille, une peine inconsolable

    Dernier d'une fratrie de sept enfants, Sofiane Mostefaoui est décédé lors de son incarcération à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas en mars 2013 quelques semaines avant la fin de sa détention. Pour ses frères et sœurs, la version officielle du suicide se heurte aux incohérences du dossier. Huit ans après les faits, entre questions restées sans réponses et peine vive, ils témoignent d'une vie marquée par la disparition de leur frère.

    Par Meline Escrihuela
    Le 21/09/2021
  • Français d’origine sud-asiatique : sortir de la désillusion de la représentation

    Si ces dernières années le militantisme anti-raciste tente de combattre les discriminations et les violences que subit la communauté asiatique, qu’en est-il pour ceux appelés “Hindous”, ou “Pakistanais” par raccourci. Comment ces personnes invisibilisées tentent de se définir et de trouver l’équilibre. Les jeunes Desis de France se racontent. Témoignages.

    Par Amina Lahmar
    Le 20/09/2021
  • Tirs policiers à Stains : « je me suis vu mourir »

    Dans la nuit du 15 au 16 aout dernier, Nordine et sa compagne reçoivent près d'une dizaine de coups de feu à Stains, tirés par des policiers sans brassards, non identifiables. Près d'un mois après les faits, l'homme toujours choqué, se confie pour la première fois aux médias, pour le BB. Témoignage.

    Par Céline Beaury
    Le 16/09/2021