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Dans le voisinage, peu d’habitants étaient au courant. L’affaire des appartements squattés dans la résidence de Grigny 2 faisait la Une des médias. C’est comme ça que la plupart ont découvert l’histoire. C’est le cas d’un retraité locataire de l’immeuble. L’affaire des appartements squattés était pour lui un lointain souvenir : « Je me souviens qu’il y environ 8 ans, effectivement on parlait beaucoup des appartements occupés par des squatteurs. Mais c’était un phénomène qui sévissait dans le passé, même si aujourd’hui j’avoue ne pas être au courant de ce qui se passe. Maintenant ils ont installés des serrures blindés dans beaucoup de logement pour faire face à ce phénomène ». Lorsque je lui demande s’il connaît des personnes dans ce cas de figure, il répond : « Pas dans mon entourage en tout cas. Mais je connaissais quelqu’un qui a eu un appartement squatté, mais il a déménagé en 2008 ».

En faisant un tour de la résidence, je demande au moins à cinq habitants du coin leur avis sur le problème des logements occupés illégalement, aucun ne semble au courant de quoi je parle. Finalement je tombe sur une autre habitante qui promène son chien, « il y a 5 ans environ, je venais juste de devenir locataire d’un appartement. Or le propriétaire qui m’a cédé le bail m’a signalée que l’appartement que je devais avoir était squatté, donc je n’ai pas pu le prendre dans l’immédiat » me dit-elle. Le propriétaire avait finalement réussi à déloger les personnes sans incident. « Ici vaut mieux ne pas laisser son appartement 3 mois tout seul, on risque d’avoir des surprises au retour. Même si à présent il y a des serrures blindés, vaut mieux rester prudent ».

La dame m’explique que les squatteurs se renseignent d’abord auprès du voisinage pour savoir si il y a des appartements à vendre, ou si leurs propriétaires sont absents depuis une longue durée. « Ils ne squattent pas comme çà directement, ils font une vraie enquête dans le quartier avant de s’installer. Des fois il y a des voisins qui sont complices et leurs donnent des renseignements. C’est très discret tout ça ». Elle tient tout de même à atténuer le propos : « La couverture médiatique qui en a été faite donne l’impression que ça arrive à tout le monde ici et que c’est nouveau. Alors que ça date de plusieurs années et que justement ça n’arrive pas aussi souvent qu’auparavant. Enfin moi actuellement, je n’ai vent d’aucune histoire comme ça. »

Pas loin de la résidence, j’entre dans une agence immobilière, qui propose beaucoup de logements à Grigny 2. L’agent immobilier dénonce lui aussi une caricature et « une envie de faire le buzz de la part des médias. Effectivement il y a des squatteurs qui sévissent ici, mais ce n’est pas du tout un phénomène propre à Grigny 2. Ça existe partout ça, rien qu’à Paris c’est inimaginable ! »

Il dessine, comme il peut, une carte de la résidence afin de mieux rendre compte la situation. Les squats se trouve dans un coin bien ciblé : « 95% se trouve au Square Surcouf. C’est le coin le plus enclavé de la résidence, il se situe en bas d’une pente, c’est un cul-de-sac pour les voitures ». Il confie que le phénomène n’a aucune répercussion sur ses ventes, « il s’agit d’un problème marginal. Quand des clients me le signalement dans la discussion, au lieu d’appeler la police, je me rends directement sur place et je leur demande tout simplement de partir. En général, ça ce passe bien. Quand il y a un refus, j’en parle aux propriétaires afin qu’ils engagent des procédures auprès de la police. Mais ça ne m’arrive pas souvent… Cette année je n’ai pas eu à faire ça ».

Prosith Kong

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