Paris. Perdue entre le carrefour de l’Opéra, j’aperçois une jeune femme au volant d’un véhicule pas comme les autres : une voiture sans permis. Prudente, elle ralentit pour me laisser traverser. J’en profite pour lui demander son avis sur la conduite, « c’est une citadine très pratique, surtout dans un quartier de Paris comme celui-ci ! » répond-elle, avant de repartir de plus belle, direction le boulevard Haussmann.

La voiture sans permis, ou « quadricycle léger motorisé » en séduit beaucoup. Qui plus est, les plus jeunes. Un bon moyen de sauter l’étape de l’examen parfois trop long et trop coûteux. Avec elles, finies les salles d’auto-école bondées, les attentes du passage à l’examen du permis de conduire qui n’arrive jamais, et tout le stress qui l’accompagne. Côté pratique, la conduite est facilitée puisque le véhicule est démuni d’embrayage. Un grand soulagement pour ceux qui ne maîtrisent pas ou ne connaissent pas encore ce qu’est le patinage.

Ces petites voiturettes à deux places se conduisent dès l’âge de 16 ans. Seul le Brevet de sécurité routière (B.S.R.) que l’on obtient en principe au collège est requis. À la location, les prix varient. 199 euros à la semaine, entre 549 euros et 599 euros au mois selon les modèles et selon que le kilométrage soit limité ou non. C’est le bon plan pour les vacances, « même si la demande est forte toute l’année » dixit un concessionnaire. La majorité de ses clients sont des adultes ayant perdu leur permis. Il sont suivis de très près par les jeunes de plus de 18 ans sans permis. Il compte aussi de rares cas de conducteurs détenteurs d’un permis étranger non valable en France.

À l’achat, les prix avoisinent ceux d’une voiture classique neuve, soit environ 10 000 euros. Les rares à franchir le pas sont « des jeunes âgés de 16 à 18 ans. Ils se présentent avec leurs parents. On a pas mal de personnes âgées aussi » précise le concessionnaire.

Seuls hics au tournant : interdictions de rouler sur l’autoroute et le périphérique, nombre de places limitées (deux). Aussi, la petite ne roule pas plus vite qu’un scooter. Mais elle est largement suffisante pour une utilisation en ville et faire ses courses et d’y blinder le coffre. En attendant l’arrivée des futurs Autolib’, la voiture sans permis s’avère être une véritable roue de secours.

Emira BK

Articles liés

  • Thérapie de conversion : du discours religieux à la psychanalyse

    Alors que le Parlement se penche depuis ce mois d'octobre sur l'interdiction des thérapies de conversion, Miguel Shema s'est penché sur le documentaire 'Pray Away'. Film documentaire qui fait la lumière sur l'entreprise américaine Exodus, qui pendant des années à promis à des milliers de membres de la communauté LGBTQI+ de changer d'orientation sexuelle. Des pratiques qui passent par l'usage d'une sémantique psychologique et non religieuse. Analyse.

    Par Miguel Shema
    Le 26/10/2021
  • La Brigade des mamans contre les amendes abusives de leurs enfants

    Dans de nombreux quartiers, les jeunes sont victimes d'une nouvelle arme sur-utilisée par les agents de police : les amendes. Parfois lancées sans même avoir rencontré les jeunes. Un phénomène à l'origine du surendettement de nombreuses familles. Pour se prémunir de ce fléau, à Belleville (Paris), des mamans veillent et sortent dans la rue jusque tard pour protéger leurs enfants. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 22/10/2021
  • À la petite boutique de Stains, le handicap a toute sa place

    Pour son premier reportage sur le terrain, Kadidiatou Fofana, en classe de seconde, s'est rendue à La Petite Boutique de Stains (Seine-Saint-Denis) qui agit pour l'emploi des personnes en situation de handicap. L'occasion pour elle de rencontrer Ophelie Esteve, qui gère les activités du lieu. Reportage.

    Par Kadidiatou Fofana
    Le 21/10/2021