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Si la SNCF conseillait ce matin aux banlieusards de ne pas se rendre à Paris, il en fallait plus pour décourager les millions de voyageurs qui traversent quotidiennement le périph en RER…

L’événement qui secoue toute la France, ce matin, ne s’est pas arrêté aux portes de la banlieue, bien au contraire. Impossible d’y échapper, la neige frappe de nouveau et paralyse le pays. Voir la neige revêtir son épais manteau blanc, c’est cool, c’est beau, mais quand on se retrouve sur le quai du RER E, à Bondy, avec plusieurs dizaines de Franciliens qui attendent le train pour se rendre en cours ou au travail, on voit les choses d’un autre œil.

On attend, souvent de longues minutes, et on guette. On guette le panneau d’affichage ou la voix SNCF nous annoncer les mauvaises nouvelles « Train annulé, train retardé … » Le train de 7h45 est annulé et les voyageurs s’accumulent sur le quai.  A ce moment-là, on comprend qu’il va falloir s’armer de courage et on a tous ce réflexe primaire de se rapprocher du bord du quai et de tout faire pour ne pas être dépassé par son voisin.

Le train de 7h53 arrive, un train court, il est bondé et un échange convivial démarre entre deux hommes : « Tu ne vois pas que tu gênes tout le monde ? Bouge de là, non ? Ce n’est pas le train à ton père », et à l’autre de lui répondre « Mais pour qui tu te prends ? Je fais ce que je veux. Viens on descend, on va discuter. » Bien sûr, aucun des deux ne s’est risqué à descendre et laisser sa place aux autres. Moi, je fais partie de ceux qui sont restés à quai …

Le prochain train arrive trois minutes plus tard. Cette fois-ci, un train long, je réussis à monter. Ce genre d’épreuve vous oblige à avoir une proximité avec des inconnus que vous n’auriez pas eue dans un autre contexte. Ensuite, arrivé à Magenta, je dois encore prendre le RER B et le RER C. Ceux qui empruntent ces lignes comprendront ma douleur !

9h20, j’arrive enfin à destination mais avec 20 minutes de retard. Heureusement, on ne m’en tiendra pas rigueur. La télé est allumée, les chaînes d’informations en font leurs gros titres, « Trains, métros, RER et avions très perturbés », « La SNCF conseille aux franciliens de ne pas se rendre à Paris » et « Neige : cellule de crise activée par Jean-Marc Ayrault ». Je me dis que je ne m’en tire pas si mal que ça !

Kozi Pastakia

 

 

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