Lycée Marcel-Cachin à Saint-Ouen : face aux incidents, le rectorat débloque des moyens jugés insuffisants

C'EST CHAUD mardi 5 décembre 2017

Par Nassira El Moaddem @NassiraELM

Une délégation du lycée Marcel Cachin de Saint-Ouen a été reçue par le rectorat jeudi 30 novembre. Des annonces de recrutement ont été faites jugées insuffisantes au regard des problèmes que le lycée rencontre. Vendredi 1er décembre, la porte d’une conseillère principale d’éducation a été défoncée. 

C’est un premier pas mais jugé insuffisant. Jeudi 30 novembre, enseignants, personnel encadrant, direction et parents d’élèves du lycée Marcel Cachin de Saint-Ouen avaient rendez-vous au rectorat de l’académie de Créteil. Une audience qui faite suite aux récents incidents survenus à l’intérieur et aux abords de l’établissement ces derniers jours et à leurs demandes répétées d’obtenir plus de moyens humains. 

Un poste d’assistant d’éducation à temps plein et un mi-temps proposés par le rectorat

Selon nos informations, le rectorat a annoncé le recrutement d’un poste d’assistant d’éducation à temps plein et d’un poste à mi-temps. “Lors de cette audience, les choses ont pu être expliquées par les enseignants et l’équipe encadrante. De ce constat, il a été décidé de soutenir l’équipe de vie scolaire en déployant ces moyens supplémentaires”, nous répond le rectorat. “C’est un premier pas”, juge Jonathan Wilson, professeur en lettres-histoire, représentant CGT Éduc’action présent lors du rendez-vous. Même réaction du côté d’Alain*, enseignant également au lycée Marcel Cachin. “Ces annonces sont la preuve que le rectorat a pris conscience que nous avions réellement besoin de moyens en plus, que la situation était suffisamment grave qu’il fallait y répondre vite“. Mais nombreux sont les enseignants et autres personnels à juger les moyens proposés insuffisants. “En fait, avec ces annonces, nous revenons tout simplement au taux d’encadrement de l’année dernière”, avance Jonathan Wilson. Les professeurs réclamaient au moins trois postes à temps plein d’assistants d’éducation en plus. Aujourd’hui, ils sont au nombre de six. L’établissement a perdu une grande partie de ses effectifs : 750 lycéens aujourd’hui contre 1000 élèves l’an dernier dû en grande partie au transfert de certaines filières vers le nouvel établissement de La Plaine Saint-Denis.

“Je ne sais pas comment on va faire pour recruter un jeune en service civique payé aussi peu pour travailler dans un lycée comme le nôtre

Le rectorat a également annoncé à la délégation de Marcel-Cachin la possibilité pour l’établissement de recruter un jeune en service civique en charge de mettre en place de projets autour de la citoyenneté, du climat scolaire… “Les services civiques sont des contrats précaires payés 580 euros par mois. Je ne sais pas comment on va faire pour recruter un jeune payé aussi peu pour travailler dans un lycée comme le nôtre“, estime Jonathan Wilson. Même scepticisme du côté d’Alain*. “Comment faire tout le travail de suivi avec les familles ? Comment répondre aux exigences d’un accompagnement pour les élèves en décrochage avec si peu de moyens ? C’est impossible“.

En revanche, le poste de CPE réclamé par les enseignants n’a, lui, pas été accordé.

Un inspecteur en charge de la vie scolaire doit également venir au lycée pour réaliser un audit sur l’utilisation des moyens alloués. “C’est assez mal pris par les équipes de vie scolaire et de l’encadrement car le message qui est passé c’est qu’on pourrait peut-être faire mieux avec autant de moyens, qu’ils ne feraient donc pas assez bien leur travail“, rapporte Jonathan Wilson. “L’idée est surtout d’apporter un regard extérieur sur des pratiques afin d’améliorer l’utilisation des moyens mis à disposition”, précise de son côté le rectorat.

Selon Jonathan Wilson, “une discussion a également commencé entre la direction de l’établissement et la région Ile-de-France pour réhausser les grilles du lycée“. Contacté, le service de presse du conseil régional d’Ile-de-France était injoignable ce mardi.

La porte du bureau d’une conseillère principale d’éducation a été défoncée vendredi 1er décembre durant la pause déjeuner

Nouveaux incidents 

 “Pourquoi les équipes mobiles de sécurité n’étaient pas là ce lundi matin ?’, s’insurge un des enseignants. “Le rectorat avait promis à notre délégation qu’ils seraient là toute la semaine pour sécuriser l’établissement au vu des incidents des derniers jours. Aujourd’hui, je n’en ai vu aucun“, déclare un autre. Contacté, le rectorat assure, de son côté, que les équipes mobiles de sécurité étaient pourtant bien présentes ce lundi.

 

Vendredi 1er décembre vers midi, c’est la porte du bureau la conseillère principale d’éducation qui a été défoncée, selon plusieurs témoignages confirmés par une photo que nous nous sommes procurés. “Les techniciens sont venus la changer“, relate un professeur. Contacté lundi 4 décembre dans l’après-midi, le rectorat n’était pas informé de cet incident. Selon plusieurs enseignants, un extincteur a également été vidé sur une élève de seconde, jeudi 30 novembre, par des élèves encagoulés qui n’ont pu être identifiés.

“Les parents d’élèves sont inquiets, rapporte un professeur. Pour ma part, je ne suis pas rassuré, ni pour moi ni pour mes élèves. Je viens au lycée avec de l’appréhension en me disant ‘que va-t-il nous arriver aujourd’hui’ ?”

Nassira EL MOADDEM

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