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Dans tous les collèges, en tous cas dans le mien, il y a d’un côté l’élève qui travaille hyper bien (l’intello) et de l’autre, l’élève qui ne travaille pas très bien, voire pas du tout (le cancre). Bien sûr, il y a toujours celui qui est entre les deux, mais malheureusement celui-là, on l’oublie souvent ! Eh bien, depuis que je suis au collège, les élèves qui travaillent le moins ont enlevé leur tenue d’écolier, qu’ils n’ont jamais vraiment adoptée, pour enfiler celle du rappeur.

Ces élèves sont bien entendu des garçons parce que nous les filles, le rap, on aime bien l’écouter, mais des rappeuses au collège, perso, je n’en connais pas des masses. Devenir rappeur au collège peut changer la vie. J’ai une pensée particulière pour un ancien élève du collège qui passait pour le pauvre solitaire, se baladant seul dans la cour de récré où se forment plusieurs groupes d’amis. Lui, malheureusement, était rejeté de tous. Jusqu’à ce que…

En cours d’année, ce garçon qui nous faisait un petit peu pitié s’est métamorphosé en rappeur hyper sollicité. Sa transformation fut radicale : tout d’abord, il est passé de la coupe au bol à la coupe tecktonik, puis il a revu tout son look : veste en cuir, vêtements dernier cri. Les lunettes ont disparu pour faire place à des lentilles, apparemment il s’est mis aussi à la musculation. Et à partir de ce moment-là, oh miracle !, les amis se sont fait plus nombreux et avec le temps, même les rappeurs du collège l’ont intégré.

Il faut aussi que je vous dise que tout rappeur à son « nom de scène » : Ghilès=Ghix ; Raphael=Crix, etc. Il existe des phénomènes un peu partout : dans ma classe, certains démarrent au quart de tour ! Il suffit que le prof dise un mot qui les inspire et les voila partis dans un free style ! Le plus incroyable, c’est qu’ils écrivent des textes recherchés avec une facilité déconcertante, mais ils peuvent avoir des notes bien en dessous de la moyenne en français.

Pendant leur temps libre, ces rappeurs en herbe se retrouvent dans des studios d’enregistrement pour créer des maquettes. Et c’est ainsi que dans les couloirs du collège souffle un air de business : qui va faire une featuring (duo) et avec qui ? Où ? Quand ?

Ce phénomène est marrant parce via des Skyblogs ou Facebook, nous pouvons voir les chefs-d’œuvre de nos camarades de classe. Bon, le mot chef-d’œuvre n’est pas vraiment approprié parce qu’il arrive que nos tympans souffrent en entendant leurs réalisations. De toute façon, qu’ils soient jeunes ou un peu plus vieux, ils s’impliquent du mieux qu’ils peuvent dans cette activité. Le rap existe depuis un certain temps et n’est pas près de disparaître.

Sarah Ichou

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