Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don

Mercredi 7 mai, c’est l’effervescence devant le cinéma l’Arlequin au 76 rue de Rennes (Paris, 6e). L’anglais et le français se mélangent dans les conversations et pour cause, du 7 au 11 mai 2025, le cinéma nigérian et du continent africain est mis en avant à l’occasion du Nollywood Week Film Festival.

Un festival qui a lieu tous les ans depuis 2013 et qui veut mettre en lumière des cinéastes, réalisatrices/réalisateurs et actrices/acteurs du continent ou de la diaspora. Notamment du Kenya, du Cameroun, du Bénin, ou encore d’Afrique du Sud, en plus du Nigéria.

Une édition sous le marrainage d’Aïssa Maïga

La marraine de cette 12ème édition n’est autre que la réalisatrice et actrice engagée Aïssa Maïga.  Au programme de ce festival porté par Okada Media (société qui s’occupe de distribuer et gérer des productions, festivals et talents du cinéma africains et de la diaspora africaine) : des tables rondes, échanges et rencontres, des programmations pour enfants et films d’animation, dramatiques, des comédies ou encore, des films d’horreur et des courts-métrages…

À travers ces films, de nombreuses thématiques politiques et sociétales sont abordées. Il est question de lutte pour défendre les plus faibles, contre la corruption, pour un meilleur système scolaire, la pression sociale, l’amitié, le post-partum ou encore la spiritualité… Le tout en version originale sous-titrée en français et en anglais (car rien qu’au Nigéria, si l’anglais est la langue « officielle », plus de 500 langues et dialectes sont parlés).

La seconde industrie cinématographique au monde

Et chose rare, fruit du hasard ou non, les femmes sont très présentes, qu’elles soient en tête d’affiche ou derrière la caméra. Nollywood (qui on le rappelle à la différence d’Hollywood n’est pas un lieu, mais la contraction des mots Nigéria et Hollywood), c’est environ 2 000 films produits chaque année. Et le public est au rendez-vous par millions, ce qui la place derrière l’industrie cinématographique indienne Bollywood, et devant la plus connue, Hollywood. Pourtant, en dehors de l’Afrique et de la diaspora, les films et séries peine à se faire une place sur nos écrans en Europe et ailleurs dans le monde.

Ce n’est que depuis quelques années que les plateformes de streaming proposent un choix plus important de films et séries made in « Nollywood » (le Nigéria et l’Afrique du Sud sont les deux pays d’Afrique les plus présents sur Netflix, par exemple).

« 90 % des films sélectionnés à notre festival obtiennent une distribution »

D’ailleurs, le festival fait office de vitrine avec des avant-premières et projections de films méconnus. Selon les organisateurs : « 90 % des films sélectionnés à notre festival obtiennent une distribution et se retrouvent sur les plateformes de vidéo en demande telles que Netflix ou Amazon ». Ce qui ravit les personnes présentes à la soirée d’ouverture qui sont venues en nombre pour en découvrir plus sur la culture nigériane.

Qui sait, peut-être que dans un futur proche, Nollywood occupera une place plus importante dans l’industrie cinématographique, au même titre que l’Afrobeats en musique, principalement développé et popularisé au Nigéria et au Ghana.

Christiane Oyewo

Articles liés

  • Decolonial Film Festival : renouer avec le cinéma politique loin des paillettes de Cannes 

    Pour sa troisième édition, le Decolonial Film Festival revient du 11 au 24 mai 2026. Ces dates vous parlent ? Vous imaginez un tapis rouge, le sud de la France, des flashs et des robes interminables ? Le calendrier n’a rien d’anodin : le DFF se déroule au même moment que le festival de Cannes. Il en est une contre-proposition.

    Par Rania Merini
    Le 23/05/2026
  • « Se réapproprier le narratif et les images » : la démarche d’Alain Gomis avec Dao

    Dao, sixième long métrage du réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis, est en salles depuis le 29 avril dernier. Cette fresque raconte l’histoire d’une famille guinéo-sénégalaise à travers deux temps et deux lieux différents : un mariage en banlieue parisienne et une cérémonie rituelle en Guinée-Bissau. En entremêlant ces deux rassemblements, Alain Gomis explore des thèmes comme la transmission, les identités multiples, le deuil, le mariage ou encore l’héritage colonial. Interview.

    Par Aissata Soumare
    Le 03/05/2026
  • « Ce qu’il reste de nous » : l’humanité palestinienne au fil des générations

    Réalisé par Cherien Dabis, le film raconte l’histoire d’une famille palestinienne, de 1948 à nos jours. La réalisatrice, aussi actrice dans son film, met en lumière les blessures profondes de l’exil forcé et de la dépossession des terres. Ces traumatismes, légués de génération en génération, laissent en chacun l’empreinte indélébile du sentiment d’injustice.

    Par Rania Merini
    Le 17/03/2026