C’est une histoire qui s’écrira pour qu’on la lise comme une légende. L’histoire d’une bande d’heureux élus qui va tenir un pari fou. Ils ont entre 15 et 20 ans. Ils habitent en banlieue parisienne, du 91 au 75, en passant par le 77 et le 93. Et c’est une envie de cinéma qui les réunit. D’entrée de jeu, les concernés sont prévenus : «  Vous n’aurez pas le droit d’être fatigués. Pas le droit d’être blasés. Et vous dormirez parfois 3 heures par jour mais c’est comme ça. »

Uda Benyamina, fondatrice de 1000 Visages, rappelle à ses jeunes que ce pari n’est pas une mince affaire. Ils ont passé un casting à Viry-Chatillon, dans les locaux de l’association 1000 Visages. Et aujourd’hui, ils vont tourner un long-métrage de cinéma, comme des pros. Ils vont subir un rythme de tournage olympien. Comme pour mieux rassasier leur envie gourmande de cinéma.

Il est presque 21h42 à la Barre de Monts, en Vendée. Le soleil s’est couché à l’extérieur. Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo ont parcouru la salle de projection. Jean Luc Godard est applaudi dans la salle, même s’il n’est pas là. A bout de souffle vient d’être montré. Lorsqu’un film comme celui là leur est projeté, ça sonne comme une invitation à l’exigence. Uda Benyamina laisse résonner sa voix dans la salle  : «  On vous a trop habitués au cinéma Macdo, à la bouffe industrielle. Mais là on vous montre du cinéma de haute gastronomie, avec des vrais ingrédients. »

L’aventure a commencé par une initiation aux rites techniques du cinéma. L’exigence du cadre et l’importance du son, démontrées la journée en atelier. En compagnie de Nassim et Brice, un ingénieur du son et un chef opérateur. Des pros qui font partager leur maîtrise aux amateurs. Et puis dès demain, le tournage commencera. Du cinéma à bloc. Un fatras d’images, d’ambiances et de dialogues captés au vol. A suivre…

Badroudine Saïd Abdallah

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