La cinquième édition de la Paris Games Week s’est tenue du 29 octobre au 2 novembre à la Porte de Versailles (Paris). Parmi toutes les nouveautés, une a particulièrement attiré l’attention des visiteurs : l’Oculus Rift. Olufemi s’est laissé tenté par ce casque de réalité virtuelle.

Autant le dire de suite : ce n’est pas la première fois que je teste un casque de réalité virtuelle. Mon premier contact avec cette technologie s’est déroulé au même endroit mais quelques semaines auparavant, lors du Mondial de l’Automobile. Seulement, j’étais totalement passif. La première fois, j’ai utilisé le casque pour admirer le pilotage d’une Seat Leon Cupra sur quelques portions de la boucle nord du Nürburgring, probablement le circuit le plus fou du monde.

Je me suis ensuite rendu sur le stand Infiniti pour, cette fois, profiter d’une balade dans un univers virtuel où j’ai alterné entre différentes angles de vue. La plus intéressante bien entendu était celle me plaçant sur le siège conducteur. En bas, les pédales, en haut, le toit ouvrant, à droite, le siège passager et derrière, la banquette… argh ! Les fils du casque et le fauteuil sur lequel j’étais assis m’ont rappelé à la réalité. Je ne pouvais pas me positionner comme je le souhaitais. Si ce premier contact était positif, la résolution de l’image était loin d’être HD.

Retour à la Paris Games Week. Une fois à l’intérieur du salon, après une demi heure passé dehors à faire la queue, malgré un billet acheté la veille, je tente une première approche sur le stand Oculus, qui est d’ailleurs l’un des premiers qui s’offre à moi : il y a trop de monde. Un membre du staff me conseille de venir dans la soirée. Je m’y rends donc, après avoir quitté à regret une Nintendo 3DS sur laquelle j’ai découvert une nouveauté pendant deux heures : Shin Megami Tensei IV.

OLYMPUS DIGITAL CAMERANous n’avons pas le loisir de sélectionner le logiciel que nous testons. Passionné d’automobile, c’est avec un mélange de satisfaction et de circonspection que je me laisse diriger… vers un siège baquet. La veille, un membre d’un forum de Gameblog critiquait l’image trop pixelisée, comme avec les casques du Mondial. Le jeu auquel je vais jouer est exclusif au PC : Asseto Corsa. L’ image sur l’écran est nette, ça s’annonce bien. Pour la première fois, je peux garder mes lunettes, ça s’annonce encore mieux. De manière inconsciente, j’imprime dans mon cerveau la dernière image de la réalité avant d’enfiler la casque : mes mains sur le volant, en face de l’écran. Une fois l’appareil allumé, je suis littéralement transposé dans un monde virtuel, les mains de mon avatar pilote étant placées exactement au même endroit que les miennes quelques secondes plus tôt ! Je suis transporté à plus de 1 000 km de là, sur la grille de départ du circuit du Mugello en Italie, à bord d’une Ferrari 458 Italia de course, au milieu de véhicules similaires.

Quelque soit l’endroit où on regarde, le cockpit est parfaitement modélisé. On se croirait vraiment prêt à prendre le départ d’une course. Je regarde enfin mon pare-brise, histoire de voir le nombre de pilotes devant moi sur la grille de départ. Et là, c’est le drame : la piste et mes « adversaires » est pixelisée. L’étincelle a disparu avant que l’alchimie ait pu se créer. Et ce n’est pas la maniabilité de mon bolide qui va arranger les choses. «Sur-assisté», le pilotage ne me semble guère naturel. C’est d’autant plus regrettable que le volant procure de bonnes sensations. Dernier grief, la ligne indiquant la trajectoire idéale et les zones où il faut accélérer et freiner nuisent à l’immersion.

Bien que mitigée, l’expérience est porteuse d’espoirs pour l’avenir. La haute définition existe d’ailleurs déjà pour certains jeux. De plus, j’ai réellement eu l’impression de piloter sur le Mugello, jetant des coups d’œil tout autour de moi, quitte à négliger une trajectoire que le « demi-pilotage » imposé n’incitait pas vraiment à prendre en considération.

En quittant le stand Oculus, je manque de passer entre un joueur et son écran. Je me ravise au dernier moment avant de prendre conscience du ridicule de la situation : comment pourrai-je le déranger alors qu’il joue avec un casque de réalité virtuelle sur la tête ? Les écrans ne nous servent (bientôt plus?) à rien ? J’en rigole et un membre du staff m’ayant remarqué en fait de même.

Olufemi Ajayi

Articles liés

  • « Freda » : Ôde à la résistance haïtienne et féminine

    Présenté dans la catégorie Un Certain Regard et deuxième film haïtien à être présenté au festival de Cannes depuis 1993, Freda est un film important et immersif sur la jeunesse féminine haïtienne telle qu’elle est. Analyse et interview de la réalisatrice Gessica Généus.

    Par Farah El Amraoui
    Le 18/10/2021
  • « Reconnaître le 17 octobre 1961 c’est reconnaître les autres combats contre un système d’impunité »

    Le massacre des Algériens le 17 octobre 1961 n'est toujours pas reconnu comme un crime d'État. Malgré les déclarations d'Emmanuel Macron, la France ne se considère toujours pas responsable d'une des pages les plus sombres de l'histoire coloniale. Fabrice Riceputi, historien, revient sur cette nuit sanglante et rappelle les enjeux d'une reconnaissance encore loin d'être gagnée. Entretien.

    Par Amina Lahmar
    Le 17/10/2021
  • 007 : les femmes ne sont pas qu’un matricule

    Sorti cette semaine, Mourir peut attendre est le 25ème opus de la série James Bond. Le dernier avec Daniel Craig dans le rôle éponyme d'une série qui a alimenté la polémique sur les questions de représentation ethnique et de genre. Félix Mubenga a vu le film, et salue la place des héroïnes jouées par Lashana Lynch et Ana De Armas. Critique.

    Par Félix Mubenga
    Le 07/10/2021