« Cheveux longs », « tatouages », « vocodeur » ou encore « trap » définissent SCH. Le rappeur marseillais de 22 ans débarque avec sa mixtape : A7. Un CD avec 13 titres, dans les bacs ce vendredi 13 novembre.

Je prends l’autoroute A7, de Lyon à Marseille… Accompagné par la nouvelle signature Def Jam : SCH, un jeune rappeur de 22 ans. Les trois lettres ne sont pas le diminutif de Schumacher, mais presque. Julien de son vrai nom, débarque dans le rap-jeu avec le style atypique dans cette discipline qui est codifiée de la tête aux pieds de puis la nuit des temps. Grand, la silhouette élancée, les cheveux longs, tatouages faisant penser au protégé d’Eminem : Yellawolf. « Je recherche mes limites, la ge-gor du rap sur mon gilet… Personne te sauvera carre-toi dans le cul ton amulette ! ». Irrévérencieux, pas le temps de faire la morale. Ici, les punchlines pleuvent plantant à leurs passages des images un peu plus claires. Le marseillais donne le ton avec son morceau éponyme : A7. Rimes cinglantes sur des instrumentales gonflées à bloc rappelant son ainé de « la planète Mars » : Alonzo du groupe Psy 4 de la rime. Gangsta rap, vocodeur, trap, une combinaison gagnante dans le rap-game actuelle… L’apologie de ces codes ne me surprend plus étant une recette vieille comme le monde.

httpv://www.youtube.com/watch?v=CXIbfrwMRQI

Gomorra, le premier single de cette mixtape reste tout de même une réussite… Loin du thème du parrain et de ces violons lancinants, un piano adoucit la violence retranscrite de la série télévisée napolitaine. « Poto, je suis debout depuis l’aube, sur les deux roues je pilote. Le bruit du Beretta précède l’épilogue… Bang, bang ! ». SCH nous offre un classico sonore en s’entourant, dans  cet album composé de treize titres, de rappeurs de la région parisienne qui n’ont plus rien à prouver : Lacrim (94), Sadek (93). A7 est un 12 titres, auquel s’ajoute l’instrumentale qui rend hommage à la mafia napolitaine dans ce quartier populaire incontournable : Scampia, une pyramide urbaine prisée dans le milieu du rap. La mixtape est partagé en entre égos trips où les paroles sont plus légères et une autre partie plus profonde. Il y en a pour tous les goûts, mais je reste plus adepte de la mise à nu, qu’à l’apanage de richesse et de puissance… Musiques mélancoliques, thèmes personnels, paroles sombres et intenses rendant le personnage moins superficiel. « Elle voit la taille de mes jouets, évidemment que je suis joueur… J’ai plus peur d’échouer, noyé dans des larmes de douleur… Tes diamants sèche-les ! ». Avec le titre Fusil, le rappeur semble à sa façon conter la fin d’une idylle. Touchant, surprenant, il réitère avec J’reviens de loin, qui s’aventure dans un autre type de guerre. « Ils me verront qu’en 1080 P, je suis juste venu niquer des mères… ils ont mis de fusils dans les mains des apaches, pour nous faire la guerre…» .

La mixtape est un passeport pour s’envoler dans le rap game… Gomorra, Champs Élysées, Fusil, ces musiques ont retenu mon attention, mais celle qui sort du lot reste J’reviens de loin. Je reste sur ma faim bien que la mixtape soit un avant-propos plus que correct. Ce rappeur en a encore sous le coude alors je continue de rouler sur l’autoroute.

Lansala Delcielo

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