Acid Arab, c’est l’itinéraire d’un jeune collectif français passionné de musique orientale. Ils rendent hommage à cette musique en alliant leur savoir-faire et leur vision occidentale. Parcours d’une oasis électrifiée dans le monde de la musique.

Musique orientale et grands sourires vous accueillent dans cet espace familial. Des banquettes et tapisseries traditionnelles turques décorent la pièce. C’est dans un restaurant traditionnel kurde, aux abords de Château d’Eau, qu’a lieu la rencontre avec le collectif Acid Arab. Le duo est composé de deux DJ français, résidant Chez Moune, une boîte électro en plein Pigalle…

Guido Minsky et Hervé Carvalho sont à l’origine de ce mélange des genres. Acid Arab est un cocktail, « c’est la définition de ce que l’on veut faire, un mélange d’acid house et de musique orientale. On trouvait qu’il y avait plein de ponts sonores dans la façon d’enregistrer et de préparer la musique. C’est clairement une tentative de faire de la musique orientale avec des moyens technologiques qui sont ceux de la musique électronique.

Ce n’est pas une fusion, ce n’est pas un mix non plus, c’est une rencontre entre deux cultures. Pour la petite anecdote, avec Hervé on avait choisi un nom qui n’avait rien à voir, on a pris rendez-vous avec une amie graphiste. On lui a décrit le concept de la soirée, elle nous a dit : « vous voulez faire une soirée Acid Arab ! » Sans le savoir, elle avait trouvé le nom du collectif », raconte Guido. 

Ancien journaliste musical avant l’explosion de la presse sur Internet, Guido anime une émission de radio sur la musique orientale sur le Mouv’. Quant à Hervé, il fait partie d’un groupe qui joue dans un autre registre : Acid Square Dance. 

Eclosion méditerranéenne 

L’aventure Acid Arab prend forme en 2011, à 1 793 kilomètres de Paris à vol d’avion, précisément à Djerba. « Avec Hervé, on se connaît depuis des lustres et ça fait longtemps que l’on anime des soirées. On a été invités à participer à un festival en Tunisie… Ayant préparé des morceaux houses à consonances orientales, on a eu envie d’arriver là-bas. En fait, cela existait déjà, mais personne ou presque ne s’est spécialisé dans ce créneau là.

Il y a toujours eu des tas de gens qui ont essayé un jour ou l’antre de mélanger, par un sample ou par un son, la musique orientale avec la musique électronique… On a joué devant un public tunisien, on a pris beaucoup de plaisir à le faire. On s’est dit qu’il fallait aussi le faire sur Paris. Avec Hervé on s’est rendu compte que tout ses morceaux marchaient bien ensemble » confie fièrement l’ex-journaliste.

Cette soirée était le compte à rebours de ce collectif. Un style, un nouveau genre était né à côté des palmiers, laissant sa marque de fabrique à la frontière de l’électro et de la musique orientale. Le trip d’une nuit allait devenir le credo d’une vie rythmée par ses allers-retours incessants entre ses deux musiques qui allaient leur donner une nouvelle vie, un autre univers. « Hervé commençait déjà à faire des prod avec un camarade qui s’appelle Nicolas, un autre membre d’Acid Square Dance.

Avec un autre ami, Pierrot alias Sex Schön ils ont commencé à bosser sur un morceau pour jouer dans la soirée. Pendant ce temps-là moi je faisais des réédits de morceaux pour jouer aussi pendant la soirée. Le morceau d’Hervé et de Sex Schön allait devenir un thème, suite à l’effervescence du public. Un jour le producteur Crakboy nous a envoyé un morceau en pensant à notre concept, c’était le remix du chanteur syrien Omar Souleyman. Dans le même état d’esprit Gilb’r nous a également envoyé un morceau. L’idée d’une compile a commencé à germer et Gilb’r nous a dit « si vous faites une compile, c’est avec Versatile car c’est le patron de ce label » ».

Petit à petit le collectif construit son nid. Les dates s’enchaînent dans les quatre coins de la France, en Europe, en Afrique du Nord, en Israël. C’est un jeune collectif, mais avec de grandes idées. On parle de musique sans code et sans frontière, flirtant avec différents genres rappelant le DJ britannique qui rythmait les années 1990, Fatboy Slim.

« À Marseille on a eu l’opportunité pour une rare fois de jouer dans une place publique, à entrée gratuite. C’était magique, de voir des petites filles danser, des vieilles dames faire des youyous, il y a même un monsieur assez âgé qui est venu nous voir à la fin et il nous a dit : « ce que vous avez fait là c’est Marseille ! » D’autres rêves de vivre d’amour et d’eau fraîche mais pour ces amoureux de musiques orientales, c’est de jouer dans les lieux improbables… Laisser leur empreinte pour réconcilier avec la musique les gens, les peuples. 

Lansala Delcielo

Crédit photo : Jacob Khrist

 

 

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