Au départ, c’est parce qu’il était très timide qu’Alexandre Darmon s’est lancé dans le one man show. Ce qui était une façon de combattre cette timidité est devenu un projet professionnel. Tout a commencé le jour où on lui annonça qu’il allait peut-être redoubler sa cinquième : « Je n’étais pas un très bon élève, plutôt glandeur, mais faire rire les autres en classe a toujours été mon truc. » A cette période-là, il voyait Elie Semoun à la télé : « Je me suis dit, c’est ça ma vie, faire rire les gens. »

Ce qui interpelle le plus chez ce jeune homme, c’est sa maturité. Dès l’âge de 15 ans, il savait déjà ce qu’il voulait : écrire des textes humoristiques. Les premiers, il les écrira dans sa chambre, le soir, alors que ses amis vivaient leur vie d’ado. « J’ai commencé à écrire mon premier spectacle à 15 ans et je l’ai présenté à 17ans au théâtre Nesle (Paris VIe). Ce sont les premiers à m’avoir donné ma chance et c’est là-bas que je répète. » Bien sûr, au début, personne ne le prenait au sérieux. A cet âge-là les lubies sont fréquentes. Quand ses parents se sont rendu compte qu’il s’agissait pour Alexandre d’une véritable passion, ils ne lui ont imposé qu’une seule chose, finir ses études.

Ce jeune humoriste qui dit « fonctionner aux rêves », a donc continué d’écrire puis a commencé à jouer sur scène tout en poursuivant ses études de commerce.  De fil en aiguille, il a su convaincre bien d’autres de sa vocation. Après six mois de planches, au lieu des trois prévus au théâtre Des feux de la rampe (Paris IXe), celui qui n’a jamais fait de théâtre excelle déjà sur scène, ce qui lui vaut la confiance des pros, comme Bruno Moynot, patron du mythique café-théâtre Le Splendide.  Il s’y produira prochainement, le 28 juin, devant 400 personnes ! Coïncidence ou pas, c’est aussi au théâtre du Splendide qu’Alexandre a commencé, par les ouvertures en amateur.

Ainsi, si c’est bien Elie son modèle, celui à qu’il n’imitera jamais c’est Stéphane Guillon : « Il ne me fait plus rire. Ce n’est plus de l’humour, c’est de la méchanceté. Il attaque les gens dans leur dignité. Pour être méchant avec les autres, il faut savoir l’être avec soi-même, ce qui n’est pas son cas. »

Son spectacle, « Entre vous et Moi », coécrit avec Emmanuel Nakache, aborde la crise de la vingtaine : « C’est un spectacle authentique, autobiographique, dans lequel beaucoup de personnes se reconnaîtront. Les thèmes de la vingtaine sont universels car nous les jeunes, on fait tous les mêmes conneries à cet âge-là. Avec les parents, ton banquier, les entretiens d’embauche. » Un sujet parfait pour Alexandre qui n’a que 22 ans. Originaire de Montrouge, dans le 92, il aime « la mixité qui grouille dans le 19e ». L’an dernier, il est venu dans cet arrondissement du nord-est parisien, participer au Festival des jeunes talents en tant qu’humoriste. Il avait été frappé par tous ces visages différents, les uns à coté des autres.

C’est pourquoi cette année encore, il y participera, en section comédie, humour, mais cette fois-ci en tant que parrain. Il encadrera et conseillera les jeunes qui veulent suivre ses traces en faisant rire les gens.

Si vous êtes curieux de découvrir ce spécimen, vous le trouverez au Splendide le 28 juin, ou le 6 juillet sur le parvis de la mairie du 19e.

Nadia Méhouri

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Nadia Méhouri

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