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Nos routes se sont croisées à des milliers de kilomètres de la Villette, où est planté le chapiteau du Cabaret sauvage. C’était à Damas, où j’effectuais un stage de quelques mois. Il se trouve qu’Amazigh Kateb et moi avons un ami en commun, Jean, un musicien chrétien d’un quartier de la vieille ville de la capitale syrienne. Dans la petite maison traditionnelle de Jean, guitares de toutes sortes, chats gâtés et touristes émerveillés côtoyaient les notes de musique qui dansaient dans l’air. Un jour, Jean se mit à jouer et à chanter « Sabrina », une des chansons les plus célèbres du répertoire de Gnawa Diffusion, l’ancien groupe d’Amazigh Kateb, dissout en 2007. Quelques jours plus tard, Jean me propose d’aller voir Gnawa Diffusion en concert à Beyrouth. Je ne pourrai y assister, terrassée par un vilain mal de ventre. C’était en 2005.

Depuis, Amazigh Kateb, continue son bonhomme de chemin. En solo. L’Algérien, aujourd’hui âgé de 36 ans, toujours aussi révolté, clame ses textes empreints d’esprit révolutionnaire. Sa musique se veut être un patchwork artistique : un fond gnawa, cette musique issue des descendants d’esclaves africains au Maghreb, du jazz, du raï, du chaabi, du reaggae, du raggamuffin, du rock. Dans ses concerts, les instruments s’entremêlent pour honorer une musique métissée qui rend hommage à la diversité sonore de l’Algérie, son pays natal. Car la musique d’Amazigh Kateb, comme les textes de son père, le grand écrivain, Kateb Yacine, se nourrissent de l’exil, de son départ, en 1988, de cette Algérie qui allait connaître une guerre fratricide dans les années 90.

En cet été 2009, 20 ans après avoir quitté l’Algérie, il parcourra les routes de France et d’ailleurs pour distiller sa musique, accompagné de ses musiciens : Mohamed Abdennour au mandole, banjo et guitare, Amar Chaoui aux percussions, Mehdi Ziuouech aux synthétiseurs, et DJ Boulaone, scratcheur. Leur album, autoproduit, sera disponible sur la Toile le 17 octobre prochain. Une date forte de symbole : le 17 octobre 1961, c’est la douloureuse journée où des immigrés algériens sont massacrés dans les rues de Paris pour avoir manifesté pour l’indépendance.

L’Algérie, son pays, où il sera en tournée dans quelques jours à l’occasion du Festival Panafricain. Dans ce nouvel album, Amazigh Kateb, qui se réclame volontiers africain et non arabe, chante pour la première fois deux des textes de son père, Kateb Yacine, le père de la littérature algérienne contemporaine. C’est de la révolte de Kateb qu’Amazigh se nourrit pour continuer son combat pour la liberté.

Nassira El Moaddem

« Autour de moi je ne vois pas la France de Sarkozy, heureusement »


Amazigh rencontre
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« Tant que les Palestiniens n’auront pas de terre, je me sentirai un peu apatride »


ITW amazigh
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Vidéos réalisées par Chou Sin

Nassira El Moaddem

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