#OccupyPompidou. Les jeunes venus participer au TDT#3 spécial Bondy Blog ont rencontré le metteur en scène pour un atelier théâtre. Un travail interactif sur la perception de soi et des autres.
Dans le studio 13-16, Laurent Chétouane est installé à la table verte, entouré d’une dizaine d’adolescents. Son atelier théâtre a commencé. « Ecoutez… » Laurent Chétouane invite les jeunes à se regarder, sans forcément parler… mais en ouvrant leurs oreilles : la perception change (écouter l’interview radio ci-dessous, ndlr). Peu à peu, il attire leur attention sur le moindre bruit, celui de leurs mains tapotant la table, ou celui du bruit ambiant des blogueurs et visiteurs discutant dans le studio 13-16. Les jeunes se prêtent au jeu, impassibles.
Laurent invite les ados à exprimer leurs impressions. « Je sens mieux mes mains… On ne voit plus seulement les autres, on les ressent… On dirait que l’espace autour est plus petit maintenant. » Il aide ceux qui en ont besoin à formuler leur propos : « On voit les autres, mais avec plus de… – Proximité ? – Oui, c’est ça. » Puis, les jeunes sont invités à regarder la salle autour d’eux. L’un d’eux se lève et va s’asseoir plus loin. Un autre marche vers l’autre extrémité du studio. Puis tous les autres vont occuper un endroit, quelque part dans la pièce.
« C’est spé ! » un visiteur s’amuse des mines sérieuses des participants… mais eux, semblent vivre l’expérience sans aucun complexe. Une mère vient chercher sa fille, mais pour la jeune comédienne en herbe, pas question de partir aussi vite ! « Essayez de ressentir comme la distance change avec les autres, là où vous êtes. » Puis, chacun se réunit debout autour de la table ; on reprend la marche dans la salle, au hasard, entre la scène sonorisée, le studio radio, le bureau des blogueurs…
Et on se réunit dans un coin. « Détendez les épaules. » Le metteur en scène vient appuyer légèrement sur le haut du dos des uns et des autres, les invite de temps à autre à faire un petit mouvement, puis à marcher à tout petits pas dans une direction… Autant de pistes pour se réapproprier son corps. « Marchez, sans savoir ce qui va se passer… » Puis Laurent devient lui-même élément perturbateur, se met en mouvement pour venir entrer en collision avec les autres en les effleurant.
« Maintenant, osez prendre un peu plus d’espace. » Les ados se mettent à circuler librement dans la salle, toujours impassibles, mais d’un pas plus délié. Enfin, chacun se réunit autour de la table pour échanger ses impressions. « C’est pas facile, quand on est timide… » confie l’une des participantes. « C’est drôle que tu dises ça, rebondit Laurent. Parce que moi aussi, je suis très timide. Plus que vous tous ! » Une réflexion s’engage sur la peur du regard de l’autre. « Je ne sais pas ce qui m’incite à me fermer au monde extérieur… peut-être la crainte de paraître mal. »
Pour Laurent, qui travaille depuis dix ans avec des jeunes, l’expérience du jour est révélatrice de la gêne que, plus qu’autrefois, il constate à travers ce type d’exercices chez les nouvelles générations. Le théâtre saura-t-il libérer la jeunesse? Aujourd’hui, déjà, plus d’un ado semble avoir découvert quelque chose. « On ne se connaissait pas tous, mais on a été amenés à sentir que l’autre existe. »

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