Ce mardi le Tribunal doit se prononcer sur le sort de l’association Repères, qui depuis 25 ans oeuvre dans le centre de la ville et se tourne vers les quartiers populaires. Récit.

L’association Repères a été crée en 1989 dans le Vaucluse, à Avignon, par des jeunes issus de l’immigration algérienne. L’association voulait se placer dans les pas de la marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983. Mohamed Bensalah en est le directeur et l’un des co-fondateurs.Repères entend mener des actions citoyennes intergénérationnelles. « Le constat qui était fait à cette époque est que nous allions vers une forme de ghettoïsation, pour nous l’intégration citoyenne, c’était justement sortir de ce fonctionnement, de cet assistanat de proximité qui consistait à mener des actions uniquement dans les quartiers. Nous voulions donc plutôt travailler en étant une passerelle entre le quartier et le centre ville d’une commune » explique-t-il. L’appellation de l’association Repères n’a pas été choisie par hasard :  » Nous avons tous besoin de repères que ce soit en famille ou dans la société ». 

Dans les années fastes l’association compte jusqu’à 250 adhérents réguliers, en plus des usagers quotidiens qui passaient dans les locaux. L’association oeuvre autour de plusieurs axes : la famille (parentalité et jeunesse), l’interculturalité et la mixité sociale. La structure propose ainsi de l’animation socioculturelle et éducative en direction des enfants (6 à 16 ans) et de leurs parents ; de la médiation sociale et citoyenne de proximité durant laquelle tous les adultes peuvent être aidés et accompagnés dans leurs démarches. Mais Repères abrite aussi un Point d’accès au droit et à l’égalité (PADE), une médiation inter-institutionnelle, qui permet aux étrangers de faire valoir leurs droits. Autre volet, l’accompagnement scolaire, à destination des jeunes de quartier, mis en place par un partenariat avec le lycée privé voisin. 

Mais Repères intervient aussi sur le terrain depuis de nombreuses années avec des cours d’alphabétisation destinés aux femmes, qui peuvent aussi découvrir la ville, apprendre une langue étrangère. Enfin, un atelier de calligraphie et poésie est aussi proposé aux avignonnais. Repères au fil du temps un espace de rencontres et d’échanges. Mais voilà la structure, ses 6 salariés et ses adhérents est aujourd’hui menacée.

Ce mardi 28 octobre le tribunal doit se prononcer sur la mise en dépôt de bilan définitif de l’association. « Avant, les subventions venaient du Fas [Fonds d’action social], explique son directeur. Elles étaient très importantes, puis nous avions d’autres partenaires comme l’Etat, le conseil régional et général et la ville. Depuis 6 ans, le Fas n’existe plus et il a été fusionné avec la direction départementale de la jeunesse et des sports. A partir de là, c’est devenu catastrophique car ils ont crée des sous-préfets à la ville avec des moyens nettement moins limités. Ils avaient la possibilité de déterminer leur choix de financement et leur accompagnement, ils étaient complètement en décalage avec ce type de structure. Ces dernières années, l’Etat s’est détaché petit à petit de nous et nous versait entre 50 000 et 60 000 euros par an. Depuis deux ans, l’Etat ne nous verse plus rien. Avant nous avions un budget global de 260 000 euros et aujourd’hui avec la difficulté dans laquelle nous nous trouvons actuellement, nous n’arrivons même pas à finir l’année. Nous sommes donc en déficit aujourd’hui« .

Avant d’ajouter : « Avec cette nouvelle politique de la ville en zone prioritaire c’est une catastrophe également car le préfet reconnait notre travail, mais il n’est pas prêt à nous financer puisque notre structure ne se trouve pas en zone prioritaire« . Une situation ubuesque pour Mohamed Bensalah, qui quoiqu’il arrive reste convaincu que Repères aura laissé des traces dans le tissu associatif de la Cité des papes.

Hana Ferroudj

Repères

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