La banlieue version webdocumentaire, c’est ici et ça s’appelle B4, fenêtres sur tour.

B4, c’est aussi un concours. Jusqu’au 30 septembre, les internautes pourront raconter l’histoire de leur cité en photo. Chaque photo proposée devra représenter un lieu représentant la cité, comme une dalle, un escalier, un mur ou encore un arbre et être accompagnée d’une légende qui raconte son histoire de l’intérieur.

L’idée de Jean-Christophe Ribot, le réalisateur, est simple ; une tour de 12 étages, fictive, occupée par 12 personnages, biens réels. Ils ont des prénoms du terroir, Pata, Faouzia, Brahima… mais aussi Geneviève, Marcel ou Lisa. Ils ne se connaissent pas mais tous ont un point commun : ils vivent dans une cité de la banlieue parisienne. A Villeneuve- la-Garenne, Clichy-sous-Bois, Sarcelles,..

L’interface du webdocumentaire permet à l’internaute de flâner dans la cité et de passer d’un étage à l’autre, d’un habitant à l’autre. A chaque étage, cinq fenêtres, cinq points d’entrée différents dans la vie d’un personnage ; tour à tour, on se retrouve dans l’intimité d’un salon, d’une cuisine, d’un souvenir. Presque une centaine de séquences de vie ; pour une atmosphère différente à chaque étage.

La page d’accueil du webdocumentaire est froide, grise et triste. De prime abord, pas vraiment envie d’aller plus loin. « C’était un effet recherché » affirme J-C. Ribot. Un peu comme pour reproduire les clichés de ceux qui ne connaissent la cité que de l’extérieur. Mais une fois à l’intérieur, il y a des gens, de la chaleur, des histoires, de la vie. C’était un pari risqué que le réalisateur a souhaité relever.

Ensuite, curieux, on fait glisser le curseur de la souris sur la mosaïque de fenêtres qui constitue la façade de cette tour centrale. On découvre alors qu’au 9ème étage, c’est Khalid qui occupe les lieux. On s’aventure un peu davantage. On s’arrête sur Pata au 2ème étage, sur Marcel du 6ème ou encore Lisa du 7ème étage. Pas de guide, ni de sens particulier à suivre pour la visite. On fait son choix et on clique.

J.-C. Ribot déplore que, trop souvent, l’image perçue de ses territoires de banlieues de grandes villes françaises soit bien trop souvent négative. « Les banlieues sont vues comme des endroits sombres, scènes de faits divers alors qu’en réalité elles regorgent de vie, d’histoires partagées et de souvenirs. J’avais envie de retranscrire tout cela. Ces atmosphères de mon enfance ; celles qui relèvent du lien et dont l’on ne parle jamais lorsqu’il est question de grands ensembles ».

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page des modalités du concours.

Mona Choule

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