Diversité et originalité au Salon du livre de Gagny, le 4e salon de l’écrit en Aulnoye a eu lieu à gagné il y a quelques jours. Ce salon, gratuit, propose aux auteurs, aux associations culturelles, à ceux qui qui impulsent la diffusion du livre et du savoir de présenter leurs oeuvres, leurs savoir-faire et produits. Visite. 

Le Salon du livre de Montreuil est bien connu… mais il en existe d’autres, plus modestes. A Gagny, un Salon du livre est né en 2010, à l’initiative du président de la Société historique du Raincy et du pays d’Aulnaie. « J’ai eu cette idée pour fêter le 100ème anniversaire de notre Société », explique Eric Guichard, son président. Le pays d’Aulnoye ou pays d’Aulnay est une ancienne région située à l’est de la Seine-Saint-Denis. Elle était ainsi nommée, car il s’agissait d’une région naturelle marécageuse plantée d’aulnes. L’Aulnoye se compose de la ville d’Aulnay-sous-Bois et de ses alentours : Bondy, les Pavillons-sous-Bois, Livry-Gargan, Clichy-sous-Bois, Gagny, Villemomble, Coubron, Vaujours, Neuilly-Plaisance et Sevran.

En 1910, la première société, la Société des Amis de la bibliothèque, a été créée à l’initiative d’un bibliothécaire, Denis Midol, dans le but de constituer un fonds documentaire sur l’histoire locale. C’est donc tout naturellement qu’un siècle plus tard, la Société historique du Raincy se rappelle de sa naissance au sein des livres. Elle inaugure alors un premier Salon de l’Ecrit en Aulnoye. « Ce Salon a bien marché dès le début », se réjouit Agnès Bougon, membre de la Société historique du Raincy.

Aujourd’hui, le ciel pleure sans retenue. Dès mon entrée dans le Salon, je retrouve un univers chaleureux. Je salue avec un plaisir partagé Robert Grammont, historien et président de l’association Bondy, son Chêne et ses Racines. « Je participe à ce salon depuis le début. Je suis venu chaque année », insiste-t-il avec fierté. Les bulletins mensuels de l’association sont exposés, ainsi que la revue La Feuille du Chêne. D’autres associations, telle que la Société d’Études historiques de Tremblay, occupent l’espace consacré à l’histoire locale. Quelques membres de la Mémoire vivante du plateau d’Avron, de Neuilly-Plaisance exposent de vieilles photos…

L’histoire locale intéresse surtout les séniors. Il faut aussi penser aux jeunes. Une centaine d’enfants ont participé à un concours de dessin sur le thème « Le Jardin de mes rêves ». Les oeuvres ont été exposées au Salon et les artistes en herbe ont reçu des récompenses. Les plus belles photos du concours de photographies sur le thème des « Jardins de Le Nôtre » ont également été exposées au Salon. Pour le plaisir des yeux, nous pouvons aussi admirer les dessins de Jean-Jacques Lascaux, vice-président de Bondy-Arts international. Michèle Prot peint elle-même ses aquarelles pour illustrer ses nouvelles et ses contes. Eva Vincze, auteure de littérature jeunesse, illustre elle aussi ses écrits.

La librairie générale Folies d’Encre de Gagny occupe un stand au cœur du Salon. Céline et Léa sont présentes pour vous guider dans le choix de vos lectures. Cette librairie propose des rayons variés et bien fournis : jeunesse, cuisine, jeux, littératures française, étrangère, livres de poche, BD, sciences humaines. Des animations sont proposées régulièrement : échanges dans le cadre du Club lecture ados, présentation de contes, dédicaces… Elles font preuve d’autres initiatives pour aider leurs clients : « Nous avons un catalogue pour les fêtes de fin d’années qui vous aidera à trouver vos cadeaux. Des cadeaux express vous sont même suggérés pour pallier un manque d’idées ou dans le cas d’invités de dernière minute ! » Un espace du Salon est également réservé aux vendeurs de livres d’occasion.

Une quarantaine d’auteurs présentent leurs œuvres très variées. Dans le registre histoire, Claude Jean Girard propose des études et Serge Santin des romans. Bernard Winter et Gérald Aubert écrivent des pièces de théâtre. Henry Pefferkorn met en évidence ses contes et légendes fantastiques… Marlène Laffarge, qui avait annoncé sur Internet sa rencontre-dédicace, montre son nouveau roman, Les regards de la vérité, dans le genre intimiste. Elle se confie : « J’apprécie ces excellents moments de partage avec les auteurs, les éditeurs et les acheteurs : le bonheur ! ».

Un espace est dédié à la poésie : Catherine Hirzel, Anita Nied et Per Sorensen peuvent y présenter leurs poèmes. Bernard Gallois montre à une admiratrice Les 400 Haïkus de Cinta Gurun, son dernier livre de poésie. Alain Andrieu met en valeur ses récents Fragments d’amour enfouis. Nathalie Laprévote est heureuse d’exposer son dernier recueil, Les cieux entr’ouverts… . Des lecteurs fidèles attendent pour obtenir une dédicace.

J’aperçois l’invité d’honneur du Salon, l’écrivain et éditeur Serge Safran qui anime une rencontre-débat. Un homme original aux goûts éclectiques. Ses activités éditoriales, des éditions Zulma à Serge Safran éditeur, diffusé par le Seuil, lui demandent beaucoup de temps. Ses voyages en Europe, en Amérique et surtout en Asie l’ont amené à découvrir et à décrire des horizons très différents. Ses publications sont diverses : poésie, chroniques, récits de voyages, textes érotiques et intimes, romans. « Le Voyage du poète à Paris » est son dernier roman.

La rencontre-débat a lieu avec deux écrivains découverts par Serge et publiés chez Serge Safran éditeur. Isabelle Stibbe, dont le premier roman, Berenice 34-44, raconte le destin d’une jeune pensionnaire juive de la Comédie Française pendant l’Occupation… avec une « plume étincelante », admire le Figaro en janvier 2013. Christophe Carlier a reçu quatre prix pour son premier roman, « L’Assassin à la pomme verte », qui fait vivre d’étranges clients dans un palace parisien.

La maison d’édition française Edilivre présente quatre écrivains : le poète Alain Andrieu ; Marie Boissy-Lamy et sa « Cacophonie dans l’au-dedans », une autobiographie sur la réincarnation, la généalogie et les synchronismes ; Marylène Delaisement avec « De vivre, y a qu’ça d’important », un roman historique plein d’amitiés et d’aventures à Vérone ; Julien Houry pour « Beauté de ma mère », un récit autobiographique où il raconte son extraordinaire combat contre la maladie.

Enfin je repère un écrivain-routard, André Brugiroux, que j’interroge sur l’origine de sa boulimie de voyages : « Mon père vivait en Haute-Loire. J’ai passé mon enfance en Auvergne. Mon père n’est jamais sorti de son jardin… Moi, j’ai eu envie d’explorer le monde. J’ai donc passé 50 ans de ma vie sur la route, entre 1955 et 2005 : j’ai pris une vie sabbatique ! ». Ainsi André a parcouru 400 000 km autour du monde en stop. Il a visité 135 pays. Il prend le temps de raconter sa très longue route et son cheminement spirituel dans « La Terre n’est qu’un seul pays », paru chez Robert Laffont. « Le prisonnier de Saint Jean d’Acre », qui a reçu le prix Saint-Exupéry, fait la synthèse de toutes ces « balades » et veut montrer que « la paix est inévitable », m’explique l’auteur avec enthousiasme. Comme cela fait du bien et nous change des racismes de tous poils !

Marie-Aimée Personne

 

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