C’est de la passion qui coule dans ses veines. Djamel Kelfaoui est un personnage incontournable qui a marqué au fer rouge son passage à Bondy. Depuis plus de 20 ans, il suit son chemin tortueux sur les traces de la musique du monde qu’il a contribué à populariser en France dès la fin des années 80.

Fondateur du Festival « Y’a de la banlieue dans l’air » il y a tout juste 20 ans, cet étudiant en sociologie et acteur social du quartier «Delattre» dénichait alors les talents et remuait ciel et terre pour les faire venir sur les scènes de plein air qui occupaient la ville pendant près d’un mois. Zebda pour un de leur tout premiers concerts en 1990, Salif Keita, IAM, Youssou N’Dour, Cheikha Rimitti, Idir, Los Van Van, Mano Negra, Mory Kanté… et des dizaines d’autres. Tous ces artistes sont venus à Bondy pour un festival que la France entière nous enviait et qui ne s’est jamais vraiment remis du départ de son fondateur.

Djamel Kelfaoui lui aussi a eu beaucoup de mal à faire le deuil de ses années « SOS ça bouge », l’association de quartier qui gérait entre autre l’organisation de ce festival. C’est dans le documentaire, plusieurs années plus tard qu’il a retrouvé un sens à son action. En 2002, il a réalisé « Algérie, mémoires du Raï », un documentaire de référence sur cette musique récompensé au festival « vues d’Afrique » de Montréal.

Aujourd’hui, après quatre années d’allers et retours en Algérie, son film « Cheb Hasni, je vis encore ! » est enfin prêt dans sa version de 52 minutes. Il y ressuscite la mémoire du chanteur de raï love qui avait séduit la jeunesse algérienne avec ses chansons d’amour et qui fut abattu en pleine rue en septembre 1994 dans son quartier de Gambetta à Oran.

Djamel Kelfaoui qui à cette époque le suivait avec sa caméra, a appris la nouvelle sur le bateau qui le ramenait en France. Il lui a fallu quatorze années pour revenir sur la carrière de Hasni dont on retrouve la photo dans n’importe quelle boutique du pays, épinglée à coté de celle de Zinedine Zidane, autre héros national.

Dans son petit bureau de Pantin où il accumule 20 ans de rêves et de déceptions, Djamel nous reçoit pour nous parler des projets qui l’animent encore. Il repartira dans quelques jours pour l’Algérie où il tournera un road movie sur les traces de Hasni. Son objectif, faire de son documentaire un long métrage qui sortira en salle fin 2008.

Mohamed Hamidi

  
Cheb Hasni Final
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