En dehors du Hip Hop qui occupe une bonne partie des platines des plus jeunes de Bondy , la soul music, considérée comme la musique des grands frères, est encore très présente puisque les standards du genre sont en permanence samplés par la nouvelle génération du Rap ou de la R&B.

Parmi les figures de la musique à l’ancienne vénérée dans les quartiers, il y a bien sûr en premier lieu les dieux de la soul et du funk : Marvin Gaye, Stevie Wonder, Barry White, James Brown.

Une musique souvent associée aux jeunes en survêtement Lacostes ou Tachini racontés par IAM dans « Le Mia », un titre basée sur un sample de « Give me the night » de George Benson.

Alors pourquoi un tel engoûment pour cette musique dans les quartiers ?
 

Probablement une proximité de condition sociale puisque l’on sait que les principales figures de la soul et de la funk proviennent des ghettos américains.

La Motown, célébrissime maison de disque était basée à Détroit, ville de l’industrie automobile (MOtor TOWN) et pour les jeunes noirs, fils d’ouvriers, la musique était souvent le seul moyen d’échapper à leur condition sociale.

Marvin Gaye avec « Inner City Blues » (blues de la banlieue), Donnie Hathaway avec « The ghetto » ou encore Aretha Franklin avec « Respect », parlent du racisme, de la misère, de la condition des minorités, des femmes. Autant de raisons qui peuvent expliquer le succès de la musique noire américaine dans les cités, sana parler bien sûr de sa capacité à faire danser les foules.

Mais il y a également des artistes issus du jazz qui ont été parmi les plus grands faiseurs de tubes disco-funk des années 80 (George Benson, George Duke, Joe Sample and the Crusaders, Al Jarreau…). Maurice White, batteur de jazz dans les années 60 a fondé le groupe Earth Wind and Fire dont il est devenu le chanteur. Herbie Hancock avec les Headhunters puis son tube « Rock it » a également été l’un des pionniers de la funk et du Hip Hop.

Ce sont ces artistes qui ont amené des générations de jeunes des quartiers vers le Jazz qui, malgré les impressions, est une musique très écoutée en Banlieue.

D’ailleurs, le choc sociologique est parfois intéressant lorsque l’on voit aux mêmes concerts de George Duke ou de Herbie Hancock un public de trentenaire de banlieue aux cotés d’un public plus centre-ville, plus smart, …plus jazz !

Lorsque j’ai eu la possibilité d’aller à Montreux cet été pour couvrir, pour le blog de l’Hebdo, la quarantième édition du festival de jazz, je n’ai pu laisser passer l’occasion.

Pour moi, Montreux, c’est un nom inscrit en pochoir sur le fond d’une scène où j’ai vu passer dans mon écran de télévision toutes mes idoles. Miles Davis, George Benson, Ahmad Jamal, James Brown, Pat Metheny, Isaac Hayes et tant d’autres.

C’est aussi la scène sur laquelle Marvin Gaye se déhanchait en 1980 avec une veste rouge fluo et une chemise à frou frou devant un public assis qui le regardait la bouche ouverte.

Montreux, c’est des soirées d’été planté devant Jazz 6, l’émission OVNI de Philippe Adler, qui pendant près de 15 ans a pu nous faire profiter des meilleures années du jazz en live. Mais il a fallu faire de la place à la télé-réalité qui a eu raison de ce programme depuis près de deux ans maintenant.

Cette année, pour le quarantième anniversaire, la programmation du Montreux jazz festival est tout simplement exceptionnelle. B.B.King, Al Jarreau, Abdullah Ibrahim, Marcus Miller, Herbie Hancock…
 

Du jazz bien sûr mais aussi de la pop (Sting, Santana, Simply Red…), de la soul (Salomon burke, Chaka Khan, Randy Crawford, Raul Midon…).

De la musique latine (Carlinhos Brown, Gilberto Gil…), africaine (Idrissa Diop, Angélique Kidjo…) et du Flamenco avec le génie de Paco de Lucia.

A voir hier soir, le pianiste sud africain de 72 ans, Abdullah Ibrahim, haut de plus de 1,90 m faire se lever toute la salle du casino de Montreux après qu’il ait joué seul au piano pendant plus d’une heure, on se dit que la musique fait tomber bien des différences.

Par Mohamed Hamidi

Pour plus d’informations sur le festival Jazz de Montreux : blog musique de l’Hebdo.

Mohamed Hamidi

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