Les films français ne m’intéressent guère en général. « Halal police d’État », de Rachid Dhibou, avec le duo Eric et Ramzy, n’avait a priori rien d’engageant. Humour à deux sous, grosses vannes faciles, scénario affligeant. Voilà à quoi je m’attendais. Je suis entrée dans la salle avec un tas d’appréhensions et de préjugés (eh oui, ça arrive à tout le monde) sur ce film. L’histoire se déroule entre la France et l’Algérie. Au départ, la police parisienne fait face à des meurtres à répétition ciblant les épiciers arabes de Paris. L’enquête commence et avance, jusqu’au jour où une diplomate algérienne est portée disparue après être entrée dans l’une de ces épiceries.

Algérie, maintenant, où l’on fait la connaissance de l’inspecteur Nerh-Nerh (la menthe), joué par Ramzy, et de son compère Qbaïli (le Kabyle), interprété par Eric. Ces deux grands amis de toujours vont rejoindre la France pour enquêter avec la police française. A leur arrivée, leur accent (l’un en a, l’autre non, à cause de la venue d’un extraterrestre), leurs dégaines et leurs excentricités font rire le public. Dans la salle, il y a des tous petits et des très grands, je ne dirais pas de 7 à 77ans mais presque. Il y a des couples, des groupes de jeunes, des amis(es), des familles, bref un peu de tout. Cette comédie burlesque fait rire légèrement, le scénario est léger mais après tout, le cinéma est fait, aussi, pour divertir, non ?

L’extravagance atteint son summum, lorsqu’un aliène descend sur Terre et repart dans sa soucoupe volante. Le spectateur a le droit à tout : une secte chrétienne porteuse de clichés ethno-raciaux en mal d’être et avide de territoires pour construire des églises, une espèce de réceptionniste-gérant d’hôtel qui s’invente des vies, aux allures de bon petit bougre mais qui est en réalité machiavélique, des vannes interraciales entre Chinois, Arabes et Noirs. Ça donne : les Arabes puent, ouais mais moins que les Noirs, les Chintoks mangent que des nems, des chats et du singe. Ok, d’accord, on passe…

Le film m’a bien plus, il faut l’admettre, surtout les passages aux délires typiquement maghrébins, dans lesquels j’aime m’immerger. C’est un bon moment pour qui veut rigoler légèrement, mais il faut au préalable manier le patois maghrébin pour comprendre certaines vannes ! Tout n’est pas sous-titré, et c’est dommage pour les autres qui rient cinq minutes après qu’on leur a traduit ce qui vient d’être dit. Plus de sous-titrages donc pour le prochain volet, s’l y en a un ! Car, oui (et puis zut, désolée de casser le suspense) bien que les « méchants » se fassent arrêter et que « tout aille bien dans le meilleur des mondes », on n’entend plus parler de cette fameuse diplomate algérienne disparue dans une épicerie, qui était pourtant la raison de la venue de l’inspecteur Nerh-Nerh et de Qbaïli ! Alors, alors ? Ils l’ont oubliée en route, la diplomate ? Ou, elle aussi, a-t-elle disparu aussi subitement que l’agneau du déjeuner ?

Silvia Sélima Angenor

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