Depuis tout petit, les enfants de Rachida sont bercés par des contes orientaux surtout algériens. Pourquoi ? Parce qu’elle se revoit à travers ces écrits. Ça lui rappelle son enfance, quand elle allait au bled. Elle leur lit aussi des hadiths, les paroles rapportées par le prophète Mohamed, car elle souhaite leur inculquer leur religion dès l’enfance. Qu’ils comprennent l’Islam à travers des recueils de paroles divines. Elle sélectionne les plus beaux mais aussi les hadiths les plus accessibles pour son petit garçon Jassim, 5ans.  

Les trois petits cochons, Hansel et Gretel, ça ne lui plaît pas. « Pourquoi mentir à mes enfants en leurs racontant des histoires irréelles ? me dit-elle. Mon fils ne parle que de dinosaures car il en voit dans les livres de l’école, à la télévision, mais cela s’arrête là. Tous les soirs, il lui faut son conte sur ses racines, avec des chameaux, des gazelles, le petit garçon du désert saharien. »

Elle ne voit pas l’intérêt de lui lire Ali Baba et les 40 voleurs. Elle préfère lui apprendre le nom des différents animaux, des arbres ou les régions de son pays d’origine. Rachida estime que c’est plus enrichissant pour lui. Son fils baigne ainsi dans une double culture, celle qu’elle lui inculque et celle qu’il acquiert à l’école, sur le pays dans lequel il réside. « Nous sommes certes algériens mais la culture française est également nécessaire à son apprentissage », conclut-elle.

Inès el Laboudy

Inès el Laboudy

Articles liés

  • Amandine Gay, ‘une histoire à soi’ pour raconter les non-dits de l’adoption

    Dans son dernier film ‘Une histoire à soi’, la réalisatrice Amandine Gay propose cinq récits intimes de personnes adoptées à l'international. Sur fond d'archives personnelles, les protagonistes livrent leurs questionnements tout au long de leur parcours de vie, au sujet de leur adoption. Des témoignages forts qui ouvrent une discussion plus large sur la famille, la parentalité, l'acculturation ou encore la quête identitaire. Entretien. 

    Par Louise Aurat
    Le 13/07/2021
  • « Gagarine », cité céleste sur grand écran

    Une cité devenue film. Le premier long métrage de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh sort ce mercredi 23 juin au cinéma. À quelques jours de sa sortie nationale, le film était projeté en avant-première au cinéma le Luxy, situé à quelques mètres de l'ancienne cité Gagarine (Ivry-sur-Seine), au centre de cette histoire étonnante et poétique. Reportage et témoignages.

    Par Louise Aurat
    Le 23/06/2021
  • Kery James à l’INA pour guider les jeunes vers le « show-business »

    Accéder aux métiers de l’audiovisuel, sans diplôme, ni réseau : c’est la promesse de la classe Alpha, une promotion de 100 jeunes guidés par l’INA (Institut National de l’Audiovisuel). Et pour les aider à garder la motivation, qui de mieux que Kery James pour animer une master class attendue par tous. Le dramaturge, réalisateur et artiste a pu échanger avec ses jeunes sur son expérience et son parcours.

    Par Nolwenn Bihan
    Le 02/06/2021