Du 2 au 11 octobre 2014, se tiendra à La Courneuve et Saint-Ouen (93) la 8e édition des Pépites du Cinéma. Un festival découvreur de talents qui a su, année après année, gagner le respect de la génération émergente des cinéastes français.

Appelons-la « double vague ». Double parce que plurielle. Vague parce qu’en plein déferlement sur le cinéma français. Une génération de cinéastes français métissés, souvent nés de parents étrangers, élevés dans des milieux modestes à la périphérie des grandes villes, passionnés de cinéma (souvent américain, parce que se reconnaissant peu dans le cinéma français) et désorientés par des conseillères d’orientation préférant les envoyer vers des voies de garage plutôt que dans des filières où ils pourraient se révéler.

Le cinéma, ils l’ont biberonné via la TV, les VHS et plus tard les cartes illimitées. Ils se sont dits comme leurs parents que c’était un loisir, pas un métier, jusqu’à ce qu’une rencontre, un coup de chance ou tout simplement, une prise de conscience, leur ai fait décider de franchir le cap. Ils ont autoproduit leurs films, ont galéré à les tourner puis les monter, les mixer, les étalonner et se sont demandé comment ils pourraient les diffuser.

Jusqu’à ce qu’ils la rencontrent. Elle, Aïcha Bélaïdi, fondatrice du festival Les Pépites du cinéma qui se bat depuis 2007 pour promouvoir ces cinéastes indépendants et n’hésite pas à les épauler dans la réalisation ou la finalisation de leurs films. Ce fut le cas avec Fièvres d’Hicham Ayouch, long-métrage qui sortira en salle le 29 octobre 2014 après avoir décroché au Festival de Marrakech 2013 le Prix de la meilleure interprétation masculine pour Slimane Dazi. Et Didier Michon, jeune acteur en herbe repéré par l’assistante d’Aïcha Bélaïdi devenue depuis assistante du célèbre Michel Gondry, devenu lui-même parrain du festival.

La liste des pépites qu’Aïcha Bélaïdi a repéré est interminable mais pour n’en citer que quelques-uns, parlons de Djinn Carrénard et son Donoma, phénomène du Festival de Cannes 2010 ; Rachid Djaïdani et sa Rengaine, Prix de la Critique Internationale du Festival de Cannes 2012 ; Jean-Pascal Zadi et son African Gangster ; Nabil Ben Yadir et l’équipe des Barons ; Karim Dridi et son Khamsa…

Au-delà d’être un vivier de jeunes talents, les Pépites du Cinéma est une famille car c’est un festival non-compétitif qui offrira cette année une quasi gratuité à tous ses évènements et qui, au-delà de ses projections audoniennes et courneuviennes, s’exporte depuis 2013 à la Cinémathèque de Tanger (Maroc).

Cette année, pour notre grand plaisir, les Pépites du Cinéma proposeront à nouveau une programmation éclectique de courts et longs-métrages pour la plupart inédits sur les écrans, mais aussi une séance « cinéma d’influence » avec L’enfance Nue de Maurice Pialat (samedi 4 octobre au cinéma L’Etoile de La Courneuve). Et de nouveaux partenariats : autour du documentaire de création avec les cinéastes Alice Diop, Rachid Djaïdani, l’association Périphérie et le GREC (lundi 6 octobre 2014 à Commune Image de Saint-Ouen) et avec l’avant-première du premier long-métrage kényan nominé aux Oscars, Nairobi Half Life de Tosh Gitonga, proposé par l’association Clap Noir.

Une 8e édition à ne pas manquer.

Claire Diao

Les Pépites du Cinéma se tiendront du 2 au 4 octobre 2014 au cinéma l’Etoile de La Courneuve, 1 allée du Progrès 93120 La Courneuve, du 6 au 11 octobre 2014 à Commune Image 8 rue Godillot 93400 Saint-Ouen et du 29 au 30 novembre 2014 à la Cinémathèque de Tanger (Maroc). Informations et réservations : www.lespepitesducinema.com

Articles liés

  • « Freda » : Ôde à la résistance haïtienne et féminine

    Présenté dans la catégorie Un Certain Regard et deuxième film haïtien à être présenté au festival de Cannes depuis 1993, Freda est un film important et immersif sur la jeunesse féminine haïtienne telle qu’elle est. Analyse et interview de la réalisatrice Gessica Généus.

    Par Farah El Amraoui
    Le 18/10/2021
  • « Reconnaître le 17 octobre 1961 c’est reconnaître les autres combats contre un système d’impunité »

    Le massacre des Algériens le 17 octobre 1961 n'est toujours pas reconnu comme un crime d'État. Malgré les déclarations d'Emmanuel Macron, la France ne se considère toujours pas responsable d'une des pages les plus sombres de l'histoire coloniale. Fabrice Riceputi, historien, revient sur cette nuit sanglante et rappelle les enjeux d'une reconnaissance encore loin d'être gagnée. Entretien.

    Par Amina Lahmar
    Le 17/10/2021
  • 007 : les femmes ne sont pas qu’un matricule

    Sorti cette semaine, Mourir peut attendre est le 25ème opus de la série James Bond. Le dernier avec Daniel Craig dans le rôle éponyme d'une série qui a alimenté la polémique sur les questions de représentation ethnique et de genre. Félix Mubenga a vu le film, et salue la place des héroïnes jouées par Lashana Lynch et Ana De Armas. Critique.

    Par Félix Mubenga
    Le 07/10/2021