Patrick Nduala Diatuka a 27 ans, il est Français d’origine Congolaise et il a crée sa propre marque de vêtements Ekolomoko, qui veut dire en langue Lingala (République Démocratique du Congo) « une seule origine ». Le mélange de l’art et la mode, les dessins et la peinture sont pour lui une véritable passion.

Comment êtes-vous arrivé dans la mode ?

Je suis dans la mode depuis 2000, déjà tout petit je voyais ma mère, qui est une grande couturière traditionnelle créer ses propres modèles. Je la regardais avec admiration coudre les vêtements que ses clients lui commandaient. Tout a commencé là. Un jour, j’ai dessiné deux tee-shirts homme et femme que ma mère m’a cousus. Je les ai montrés à mes amis qui trouvaient cela magnifique alors ils m’ont passé commande. J’étais fier de voir les gens porter ma création donc j’ai continué dans cette voie qui me passionnait vraiment. Je m’inspire beaucoup de l’Afrique, plus précisément du Congo. J’aime aussi ce que fait Jean-Paul Gaultier, c’est un grand.

Qu’est ce que vous voulez apporter à la mode aujourd’hui ?

Je veux apporter une touche d’originalité entre l’art et la mode, un métissage de cultures aussi bien pour les femmes que les hommes. Des dessins différents de ceux que l’on a l’habitude de voir. Selon moi il n’y a pas des races mais une race dans ce monde qui nous appartient à tous. Ekolomoko est une mode sans frontières, sans limites mais qui est accessible à tous.

Que pensez-vous de la mode africaine en Europe ?

Je pense que cela commence à se développer. On en voit souvent maintenant dans les boutiques et il y a beaucoup d’Européens qui s’y intéressent. J’espère qu’un jour les grands stylistes africains seront connus partout dans le monde.

Avez-vous déjà rencontré des difficultés dans ce milieu comme styliste noir ?

Je n’ai jamais rencontré des problèmes de ce genre. Il faut croire en ce que l’on fait et c’est ce je fais toujours. J’ai quitté Lille où je vivais pour Paris car la clientèle n’est pas la même. Paris est une des grandes capitales de la mode. Pour le moment je me fais ma clientèle petit à petit. Je fais des défilés dans les soirées mais pas encore un grand défilé de haute couture. Je travaille beaucoup avec les associations comme Sonia Rolland pour les enfants, Soutiens, Brave Garçon d’Afrique (BGA) et d’autres. Je fais souvent des ventes privées, à Paris, à Lille, la Rochelle et à Bruxelles.

Patrick Nduala prépare sa première tournée dans différentes villes courant 2007 pour présenter toute sa collection.

Essi Gnaglom

Essi Gnaglom

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