C’est une affaire de cernes qui se creusent. Et de bruits de clap à répétition. C’est des moments de discussions entre les prises qui visent les détails. Ça prend du temps. Parce qu’il vaut mieux se prendre la tête sur tout pour que le résultat soit parfait. Parce que ça ne suffit pas de faire les choses, vaut mieux bien les faire.

Comme des pros, ils ont le chrono pas loin. Il y’a un temps à gérer. Comme des pros, ils installent les micros HF en les réglant à la bonne fréquence. Ils peuvent aussi régler un joker à 1h22 du matin pour qu’à la caméra, l’effet fausse lune se voit.

Et puis il y a cette rengaine qu’ils connaissent désormais par cœur. Uda et Guillaume, les co-réalisateurs, ne cessent de le leur répéter : « Robert De Niro a passé sa vie dans un taxi pendant six mois avant de faire Taxi Driver. »

C’est un exemple qui résonne dans leurs tête. Le jeu d’acteur, comme un Vis ma vie aux ambitions artistiques. Alors, comme pour être beaucoup mieux en condition, il a fallu dormir en forêt, sous les étoiles. Leurs portables leur ont été confisqués, les moustiques les ont piqués.

Pour couronner le tout, il  y a cette musique en fond. C’est un titre des Detroit Spinners, Ghetto Child. Autour d’un feu de camp, c’est un moment de relâchement délirant. C’est un joli moment de cinéma en action. Brigt et Gervais qui se déhanchent pour le plaisir et pour l’écran. Leur reprise des paroles se fait dans un anglais déchiré. Ah oui, et puis, Ghetto Child c’est aussi le titre du film.

Badroudine Saïd Abdallah

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