#OccupyPompidou. Comme son nom l’indique, au studio 13/16, il y a plein de jeunes de 13 à 16 ans. Voici le portrait de l’un d’eux.

Pas très grand, la dégaine filiforme… Petit jean slim gris, l’amincissant au-delà du paroxysme, au-delà du réel. Petit sweat à capuche raccord à son futal, recouvert d’un polo blanc et d’une casquette vissée… Cette extravagance aurait dû me mettre la puce à l’oreille, sur ce petit bout d’homme, du haut de ses quinze printemps. Il s’appelle Medhi, il semble si calme, au milieu de sa bande, au milieu de la masse, tel un « Finger » dans son emballage, un doigt dans une main. C’est le jour et la nuit, tout se décante quand il entre sur la piste, qu’il sort de son mutisme pour enflammer le dancefloor. « Je fais sport étude dans la boxe et de la danse à l’INSEP à Porte de Vincennes ! ». Il cachait bien son jeu, sous sa nonchalance juvénile. « Je suis entré à l’INSEP, car j’avais deux titres de champion de France, c’est la Fédération Française de Boxe qui est venue me recruter, dans la catégorie poussin : -46 kg ».

En parallèle, il se lance dans la danse, un autre type d’exutoire où les mouvements restent au centre de cette nouvelle discipline. « Je me suis lancé dans la danse depuis maintenant un an. Un jour comme ça, j’étais en train de danser au 104, un mec m’a remarqué, car il a vu que j’avais du potentiel. Il m’a suggéré de faire un casting d’admission pour l’INSEP, que j’ai réussi ».

Pour certains, ces activités restent des loisirs secondaires, mais pour Finger, elles sont sa priorité. « Je me dis si je ne réussis pas, je ferai un métier autour de ces disciplines ». Il n’a que quinze ans, mais il garde la tête sur les épaules. « Je suis en sport-étude à l’INSEP, mais avant ça j’étais dans un collège à Clichy-sous-Bois. J’ai toujours été bon scolairement, je tournais autour de quatorze de moyenne ».

Medhi a un corps qui se prête volontiers à l’expression corporelle, une tête bien faite. Ses projets ne sont pas un secret et sont liés à ses deux passions. « J’ai été vice-champion de France de boxe cette année. En danse, j’ai tenté un concours qui s’appelle « Young Battle », que j’ai raté ».

Les défaites forgent le caractère, en attendant il continue de danser au studio 13/16 avec le chorégraphe Hervé Sika comme si demain n’allait jamais avoir lieu…

Lansala Delcielo

Articles liés

  • Amandine Gay, ‘une histoire à soi’ pour raconter les non-dits de l’adoption

    Dans son dernier film ‘Une histoire à soi’, la réalisatrice Amandine Gay propose cinq récits intimes de personnes adoptées à l'international. Sur fond d'archives personnelles, les protagonistes livrent leurs questionnements tout au long de leur parcours de vie, au sujet de leur adoption. Des témoignages forts qui ouvrent une discussion plus large sur la famille, la parentalité, l'acculturation ou encore la quête identitaire. Entretien. 

    Par Louise Aurat
    Le 13/07/2021
  • « Gagarine », cité céleste sur grand écran

    Une cité devenue film. Le premier long métrage de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh sort ce mercredi 23 juin au cinéma. À quelques jours de sa sortie nationale, le film était projeté en avant-première au cinéma le Luxy, situé à quelques mètres de l'ancienne cité Gagarine (Ivry-sur-Seine), au centre de cette histoire étonnante et poétique. Reportage et témoignages.

    Par Louise Aurat
    Le 23/06/2021
  • Kery James à l’INA pour guider les jeunes vers le « show-business »

    Accéder aux métiers de l’audiovisuel, sans diplôme, ni réseau : c’est la promesse de la classe Alpha, une promotion de 100 jeunes guidés par l’INA (Institut National de l’Audiovisuel). Et pour les aider à garder la motivation, qui de mieux que Kery James pour animer une master class attendue par tous. Le dramaturge, réalisateur et artiste a pu échanger avec ses jeunes sur son expérience et son parcours.

    Par Nolwenn Bihan
    Le 02/06/2021