Une « art battle » c’est quoi ? Imaginez que vous deviez vous battre en duel mais qu’à la place d’avoir une épée et un bouclier, vos armes sont des brosses et des palettes de peinture. Pour cette première édition en France, neuf artistes sont en compétition. Parmi eux il n’en reste que trois pour représenter Paname lors du dernier duel : Titi, Skio et Shane. Choisis par le public, les voici en compétition pour affronter de leurs pinceaux aiguisés trois artistes américains : André Trenier, Max Neutra et Michael Pukac.

La scène du duel est animée par le décapant maître de cérémonie new yorkais Illspokin, tandis que l’équipe de Radio FG entraîne artistes et public dans le rythme des battles. C’est autour des thèmes du rêve, de la folie, de l’humour et du cœur, que se sont déroulées les compétions. Nous avons assisté, caméra au poing, ce samedi 7 mai aux Halles, à Paris, à la dernière bataille France-Etats-Unis sur le thème du cœur.

Les Art Battle existent depuis près de onze ans aux Etats-Unis. Elles sont nées à Brooklyn, dans l’Etat de New York vers la fin des années 2000.  Il s’agissait alors de trouver un équilibre entre l’art universitaire et l’art de rue pour créer un événement enraciné dans l’affrontement entre ces deux façons de peindre a priori opposées. Les Art battles ont pour mission de produire de l’art en direct, dans des compétitions qui montrent au public des artistes émergents. En présentant le processus de création comme une forme de divertissement, l’art est ainsi plus accessible à tous. La première session en France a lieu forum des Halles, haut lieu du shopping, à mille bornes des ambiances guindées des prestigieuses galeries parisiennes.

La compétition commence avec deux grands tableaux blancs. Les artistes sont en pleine préparation : les peintures, les palettes, toute la panoplie du peintre est déballée. Quelques curieux commencent à entourer la scène. La compétition débute : à gauche la France, à droite les Etats-Unis. Ils ont deux heures pour faire leurs preuves, un temps limité, Michael, l’Américain, explique, qu’il a l’habitude de créer ses tableaux en quatre heures, en soirée dans des clubs, dans une ambiance plus décontractée que dans un duel.

L’équipe française griffonne un croquis, la tension monte, l’heure sonne pour le duel. Les formes bondissent sur les toiles avant d’être recouvertes de peinture. A droite, coté français, le tableau se part de jaune. A gauche, côté « states », c’est du bleu qui se profile. Les œuvres naissent petit à petit sous les yeux du public qui afflue. Tout le monde observe et pari sur son favori. Du côté français, la peinture est précise, minutieuse avec des couleurs assez pâles. De l’autre côté, la toile est en mouvement, les artistes agitent leur brosses de façon énergique, leurs couleurs sont lumineuses. Le public est alors partagé entre la précision de la « french touch » avec ses petits détails, ses contours, son jeu de mots « Mother…Fuck’ Coeur » et les couleurs chatoyantes de la toile américaine.  Après deux heures de création, le compte à rebours de la fin du battle commence. And th winner is…VOIR LA VIDEO.

Chahira Bakhtaoui et Idir Hocini

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