Après avoir suivi la consigne de la prof, Haithem et ses camarades de classe se sont lancés dans l’écriture de nouvelles. Ils sont au lycée professionnel Jean-Pierre Timbaud d’Aubervilliers. Lui, a choisi le thème des harkis. Pourquoi ? Parce que cela l’intéressait, répond-il du tac au tac. Savoir qu’il y a eu des « rebelles algériens » – ce sont ses mots pour désigner les harkis – l’a motivé à écrire même si, ajoute-t-il, « j’ai fait cette nouvelle parce qu’elle était obligatoire ».

Ces écrits faisaient suite à la lecture obligatoire du livre « Pierre sang papier ou cendres » de Maïssa Bey. Haithem, un jeune homme de 18 ans d’origine tunisienne, est né en au pays. « Que peux-tu me dire sur la colonisation, ton regard là-dessus ? lui demandé-je. – Sincèrement je n’y connais rien… – Et le livre, il t’a plus, ou alors tu l’as lu parce que c’était obligatoire ? – Au départ, je n’aimais pas trop. Mais je me suis forcé. Finalement, j’ai accroché et je l’ai lu en entier. – Et comment t’y es-tu pris pour rédiger ta nouvelle ? – Une écrivaine est venue dans notre cour pour nous parler de la guerre d’Algérie ainsi que pour nous aider à écrire nos nouvelles. C’était très intéressant et j’ai pris plaisir à écrire. »

Son implication a payé. Il a fait partie d’un groupe de jeunes lycéens qui, ce matin, ont été récompensés de deux chèques « culture » de 10€ chacun, car sa nouvelle a été jugée l’une des meilleures de sa classe. Comme quoi, même en BEP Carrosserie, on peut avoir de la verve et écrire sur un sujet méconnu au départ.

Inès El Laboudy

Inès El Laboudy

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