Imaginez un instant avoir la possibilité de voir des images d’archives de vos rappeurs préférés, de vous retrouver dans une salle remplie de vinyles qui ont marqué l’histoire de la musique. Ce rêve est une réalité, depuis décembre dernier : l’exposition Hip-Hop 360 vous propose une rétrospective unique de l’histoire du mouvement Hip-Hop en France.

Du graffiti, de la danse et des lives mythiques, vous l’aurez compris tout y est. L’exposition qui prendra fin en juillet prochain vous offre l’occasion de parfaire vos connaissances si vous êtes un puriste. Dans le cas contraire, vous pourrez mesurer l’étendue de cette culture qui est aujourd’hui prédominante dans l’hexagone.

De Grandmaster Flash à Jul

En débutant l’exposition vous serez très certainement surpris par l’éclectisme de la playlist de l’exposition, allant de Grandmaster Flash à Jul (Oui, vous avez bien lu !) en passant par Booba ou encore NTM. Une immense frise chronologique retrace les évolutions qu’a connues le Hip-Hop en quelques dates majeures. Un moyen de se rendre compte du chemin parcouru par cette musique qui était d’abord ostracisée, marginalisée avant de traverser les décennies mais également les frontières.

L’exposition s’attache tout d’abord à rapporter la genèse du mouvement qui naît à New-York, avant de prendre pleinement son essor sous la houlette du légendaire Afrika Bambaataa créateur de la Zulu Nation. Le DJ souhaitait dès la création de son collectif faire prôner quatre valeurs que l’on retrouve difficilement de nos jours : paix, amour, unité et joie.

Vinyles, K7, enregistrements VHS : tout a été utilisé pour rendre ses lettres de noblesse à un mouvement devenu maître du digital.

Grâce aux archives d’une valeur inestimable aux yeux de tout amoureux de Hip-Hop, il est difficilement pensable que la musique la plus populaire du pays ait pu durant de longues années être ignorée du grand public. Perçu comme un mouvement dégénéré amené à disparaître aussi vite qu’il est arrivé en France, le Hip-Hop français s’est petit à petit immiscé dans la culture populaire tout d’abord en banlieue évidemment avec le graffiti et la danse. Avant que les rimeurs prennent la lumière comme Mc Solaar ou le groupe Assassin qui finiront par propulser le rap français dans une autre sphère.

Le Hip-Hop dans toute sa richesse créative

Pour l’occasion l’espace de la Philarmonie de Paris a été magnifiquement bien aménagé, avec une reconstitution de rame de métro couvertes de tags afin de rendre hommage aux différents graffeurs qui ont rendu fou plus d’un agent de la RATP. On y trouve également des images d’archives de nos rappeurs favoris qui eux-mêmes n’imaginaient sans doute pas figurer un jour dans une exposition à la Philharmonie de Paris.


Jusqu’au 24 juillet prochain, l’exposition Hip-Hop 360 vous permettra de mieux comprendre un mouvement devenu industrie reine. 

Les premiers passages télé sur la chaîne MTV de Will Smith, – oui car avant d’être une superstar de cinéma, l’acteur était un excellent rappeur-, ou encore ceux de Solaar et IAM sur l’émission Rapline animé par Olivier Cachin à l’époque.

L’exposition offre la possibilité de manière ludique de constater l’évolution de la place proéminente qu’a réussi à se forger le rap en France, aussi bien au cinéma, que dans le luxe. Domaine qui aura d’ailleurs longtemps boycotté le rap avant de s’emparer de ses codes.

Une exposition pour la jeune génération

La transmission semble être le mot d’ordre de cette exposition, qui permettra à la jeune génération de connaître celles et ceux qui ont posé les fondations au risque même d’être condamnés par la justice, dans le seul but de faire émerger le mouvement. Elle est également l’occasion d’apprendre quelques faits intéressants sur le rap français comme la manière dont fut conçue la pochette de l’album mythique « Les princes de la ville » du groupe 113 qui vaut le détour.

Enfin, si vous êtes un amateur de vinyles, vous ne manquerez pas de baver devant le nombre impressionnant de pièces rares exposées : Le combat continue d’Idéal J, Bouge de là de Mc Solaar, Yo ! Bum Rush the Show de Public Enemy, rien que ça ! Précisions que ces vinyles sont difficilement voire impossibles à trouver à la vente. Il n’est pas sûr qu’en sortant de l’exposition vous soyez devenu un expert en rap, néanmoins vous vous en rapprocherez soyez-en certain.

Félix Mubenga 

Articles liés

  • À Sevran, la voix des Chibanias à l’honneur

    Les témoignages de femmes maghrébines arrivées en France pendant les Trente Glorieuses résonnent. Un documentaire « Chibanias 2022 : histoires et mémoires de femmes » leur a été dédié à la Micro-Folie des Beaudottes. La productrice le présente comme « un cadeau » pour sa mère et les femmes qui lui ressemblent. Reportage.

    Par Samira Goual
    Le 28/11/2022
  • Littérature jeunesse : « Ne pas représenter un enfant, c’est nier son existence » 

    À Clichy, le salon du livre jeunesse afro-caribéen œuvre pour une meilleure représentation des minorités. Du 25 au 27 novembre 2022, une quarantaine d’exposants mettent en avant des oeuvres diversifiées. Organisé par l’association D’un livre à l’autre, ce festival veut faire bouger les lignes d’un secteur encore trop homogène.

    Par Fiona Slous
    Le 25/11/2022
  • Diam’s passe le Salam : votre rappeuse préférée ne veut plus l’être

    Parmi les sorties raps attendues, Diam’s revient avec la bande originale du film Salam. Sorti le 18 novembre sur Prime vidéo, ce documentaire lui est consacré. Une figure tutélaire du rap à laquelle nous devons nous résoudre à dire au revoir. Pour elle et pour la nouvelle génération de rappeuses. Édito.

    Par Anissa Rami
    Le 22/11/2022