Pour  le lancement de son premier projet solo, le court-métrage « Boom Boom », Steve Tran et son ami réalisateur Sébastien Kong, nous en ont mis plein la vue à travers une soirée tout en  musique et en humour. La projection du film a eu lieu vers 21h, mais pour bien préparer le public, le maître de cérémonie Issa Doumbia, a fait une excellente intro pour nous expliquer le déroulement de la soirée. Avec son grand gabarit et sa petite voix toute mignonne, il a tout de suite tordu le public de rire avec ses vannes et son humour de flingueur. Je suis mauvais public, je possède des critères extrêmement rigoureux pour rire. Là je n’ai pas pu me contenir.

C’est donc avec le sourire que j’ai appréhendé le court-métrage, un muet/musical de 25 minutes. Ça parle d’une rencontre amoureuse entre une Maghrébine et un Asiatique. Ils vont vivre une relation parsemée de moments drôles. Comme il n’y a pas de dialogue, les personnages ont dû tout donner dans l’expression de leurs visages, en dégageant un maximum d’énergie dans les situations rocambolesques.

D’ailleurs, on est dans l’ambiance dès le début, quand on voit Jasmine (interprétée par Sabrina Ouazini, La source des femmes) faire une petite danse coquine pour Minh (Steve Tran), qui a du mal à rester sur place. Il serre fort de ses mains tout ce qu’il y a autour de lui  pour exprimer son impatience et son bouillonnement. Mais lorsque cette dernière approche pour dégrafer sa chemise, au lieu de voir une jolie poitrine, c’est un homme fâché (Bibi Naceri) qui apparaît torse nu! On comprend donc qu’il ne s’agissait que d’un rêve qui a mal viré, et on est obligé de rire quand on voit le dégoût que Minh a sur son visage.

Les musiques, qui ont accompagné les personnages durant tout le film, ont bien capté mes oreilles de « musicomane ». Les bandes annonces ont été composées par le talentueux Mr. Nov et Jo Soul (qui n’est autre que le cousin de Steve), avec la participation de Benjamin Siksou. A la fin du film, j’ai pu voir l’enthousiasme unanime du public à travers les applaudissements et les cris. Mais la soirée ne faisait que de commencer.

Après un petit moment de détente offert par Issa le maître de cérémonie, nous avons eu le droit ensuite à un mini concert acoustique avec les chanteurs qui ont participé à la B.O de « Boom Boom » et des invités. La plupart était issu du milieu underground néo soul français. Je crois qu’avec tout les artistes que j’ai découverts (Quinze, Keh Mey) ou redécouverts (Laure Milan, Jo Soul, Benjamin Siksou) ce soir là, je vais de nouveau m’intéresser aux musiciens français.

Niveau humour, hormis les folles apparitions d’Issa Doumbia, j’ai découvert un autre comique : Buh Nay. Il est d’origine chinoise et ce type là est dingue ! Lui aussi fût pour moi une des découvertes de la soirée. Dès son entrée sur scène, il a mis K.O tout le monde. Il s’est moqué de lui-même, des Noirs, des Vietnamiens mais surtout des Algériens : « Ah ils m’énervent les Algériens avec leur Algérie, partout où ils sont ils se sentent obliger de représenter. Une fois je suis rentré dans un kebab, j’ai demandé une sauce algérienne puis il y a un cafard qui est sorti avec le drapeau de l’Algérie ! » .

Depuis le trio « Les inconnus », qui ont su jouer avec l’autodérision et les clichés racistes, rares sont ceux qui osent dorénavant s’aventurer sur ce terrain là. Tout comme moi, le public à fortement apprécié.

Prosith Kong

A suivre : une interview exclusive de Steve Tran et de Sébastien Kong

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