Nathalie Laprevote, née à Drancy, a toujours vécu dans les 93. Dès son plus jeune âge, elle se passionne pour la poésie. En 2009, elle a notamment décroché la médaille d’or du Mérite et Dévouement français au titre des Arts. Parcours.

Dès l’âge de 12 ans, Nathalie a pris la plume pour s’exprimer par la poésie… Comment expliquer une telle précocité ? « Nous n’avions pas trop de littéraires dans notre famille, plutôt des matheux. A leurs yeux, c’était positif d’être littéraire. Toute jeune, j’ai eu une préférence pour la littérature. Mes professeurs de français m’ont marquée », se rappelle Nathalie. Elle a suivi les cours de l’établissement privé Charles Péguy à Bobigny. C’était une école très classique « où l’on faisait ses humanités ». Au lycée, on attachait plus d’importance à la littérature qu’aux matières scientifiques. « Pendant toute ma scolarité, j’ai eu d’excellentes notes en français. J’ai passé le Baccalauréat littéraire A. Dans mon lycée, ils étaient un peu à contre-courant. Jamais on ne m’a dit : tu es nulle en maths ».

Nathalie éprouve une attirance pour la poésie dès le début du collège. « Je lisais beaucoup de poésie au collège et au lycée. De la poésie romantique : j’aime beaucoup Les Contemplations de Victor Hugo, Le Lac de Lamartine et les poèmes de Marceline Desbordes-Valmore… La poésie du XIXe siècle, celle des sentiments, la poésie affective. J’aime aussi particulièrement Aragon, Prévert, Baudelaire, Verlaine ou encore Claude Roy. J’admire aussi les haïkus mais leur côté abrupt me gêne parfois».
Nathalie ne se sent pas à l’aise avec certains poètes : « J’ai des difficultés avec Claudel par exemple. J’ai aussi un peu de mal avec l’écriture automatique ».

« Pour moi, la poésie c’est la musicalité. Je lis les poèmes à haute voix. Cela doit être fluide. Je ne fais pas de différence entre la poésie contemporaine et certains auteurs tels que Brel, Brassens, Ferré, Grand Corps Malade… Je recherche une harmonie universelle », analyse Nathalie. Elle approfondit l’analyse de ses goûts : « Je lis Silvia Plath, une poétesse anglo-saxonne. Chez William Butler Yeats, j’ai trouvé des sonorités qui me plaisaient. La musicalité de l’espagnol pourrait me toucher ».

Nathalie commence à écrire des poèmes en 1979. Stimulée par les encouragements de ses parents, elle publie en 1986 son premier recueil, ses « premiers pas romantiques » dans «Aquarelle City », aux Editions Saint-Germain-des-Prés. Très occupée par ses études et le début de sa vie professionnelle, elle attendra 2002 avant de publier « Lacrimosa », « dont l’harmonie des mots en fait une musique unique, celle d’un requiem de larmes, de lumières et de regards posés sur la vie et les êtres ». En 2003, ses premières poésies sont récompensées par la Médaille d’Argent du Mérite et Dévouement français au titre des Arts. « Chaque année sont récompensés des musiciens, des poètes. Il faut être parrainé. La première fois, j’ai été parrainée par une artiste peintre de Quiberon, Claudette Onestini. Cette récompense est devenue une Médaille d’or en 2009, après avoir suivi mon parcours artistique », explique Nathalie.

D’autres œuvres s’enchaînent… En 2004, les « Allitérations d’hiver : un amour dans la terre » se déclinent en quatre parties : l’adolescence, le voyage, les sentiments, la guerre. « Un certain dialogue… » est constitué d’une trentaine de poèmes illustrés des dessins du peintre Michel Toyer. En 2008, elle publie « Peau-èmes », des poésies accompagnées des dessins de Laurence Liszaj, une artiste rencontrée chez des amis en 2004. « J’adore ce qu’elle fait », reconnaît Nathalie. En 2009, toutes les deux conjuguent des tableaux représentant des violons et autres instruments de musique avec des textes poétiques pour composer « La Plume et l’Archet ». « J’ai maintenu une correspondance avec Yves Duteil depuis 2003. Chaque fois que je sors un livre, je lui en envoie un exemplaire. Il a envoyé un petit texte pour la préface de La Plume et l’Archet », se réjouit Nathalie. En 2009 également, la créativité de Nathalie lui permet de recevoir la prestigieuse Médaille d’Argent d’Arts-Sciences-Lettres « On reçoit souvent la médaille de bronze, j’ai reçu directement celle d’argent. C’est important, elle constitue une petite carte de visite. »

Pour réagir aux maux du monde, Nathalie écrit « Des maux et des mots » en 2010. La même année sort « Par Amour… », une sorte « d’anthologie du meilleur de sa poésie » sur vingt-cinq ans. En 2013, « Les cieux entr’ouverts… » font vibrer la nature, l’animal, l’amour, la vie et la mort : ce « grand mystère » qu’est la vie… Grâce à une amie très proche de la famille d’Emilie Gassin, une chanteuse et compositrice australienne, Nathalie prend contact avec elle en 2009. Elle souhaite écrire des paroles pour la sortie de son premier album. « Ce projet hélas n’a pas encore abouti car Emilie est très prise, elle est trop occupée pour l’instant », remarque Nathalie.

Pour 2014, Nathalie a plusieurs projets : « Je dois trouver un éditeur pour publier « Du ciel », ce livre de contes en couleurs pour petits et grands, écrit à partir de toiles de Perrine Vilmot. Je dois aussi faire paraître un recueil sur le Lot et la Vallée de la Dordogne : « Partition pour un paysage », pour lequel j’ai à la fois écrit les textes et fait les dessins. » Nathalie prévoit également la publication d’un recueil de poésies sur l’île de Ré, « A l’eau Ré des jours… », illustré par un peintre aquarelliste Rétais, Denis Delalle. Au printemps enfin est programmée la sortie d’un disque, le CD « Maux à mots », 25 poèmes lus par la comédienne et conteuse Mado Lagoutte.

« J’aime travailler avec les autres. Je n’ai pas encore réussi à aboutir dans un de mes rêves les plus chers, à savoir être parolière pour des interprètes de la chanson en langue française. Mais dans le domaine musical, soit les artistes sont très connus et surchargés de propositions, soit ils sont encore inconnus du grand public et de ce fait très difficiles à repérer », analyse Nathalie.

Marie-Aimée Personne

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