Lansala s’est penché sur la dernière oeuvre du dessinateur de manga Jirô Taniguchi : « Le Gourmet Solitaire ».

À environ quarante minutes de Paris, les vestiges de la royauté ont encore de beaux jours devant eux. Versailles, ses châteaux, ses rues épurées et ses habitants monochromes, hélas… Il faut dire que c’est connu : « Les rois du monde font tout ce qu’ils veulent…! ». Noblesse oblige ! À deux pas de la gare  (Versailles Rive-Droite) se tient une exposition artistique autour du dessin : « Jirô Taniguchi : l’homme qui rêve » à l’espace Richaud… Quand le bastion de la fleur de lys devient celui des cerisiers en fleurs, tout le monde se bouscule pour voir ce qu’il se passe. Jirô Taniguchi est un mangaka, autrement dit un auteur de manga. Cet artiste de 68 ans fait des seinen, des œuvres destinées aux adultes (Akira,Ghost in the shell, Gunnm…), différents des shonens qui ciblent les adolescents (Naruto, Bleach, One piece…).

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Photo : Adele Costantini

« Qu’est-ce le meilleur des plats sans un minimum de tranquillité, de sérénité ? Un peu de de solitude… Du calme », dit le protagoniste du bouquin « Le Gourmet Solitaire », sorte de guide Michelin faisant office d’étude sociologique des résidents de la capitale nippone. Profondeur, sagesse accompagnent le personnage principal dans sa recherche quotidienne de la combinaison idéale, un restaurant digne de ce nom et de son plat phare.

Cette réalisation donne le ton à cet évènement avec de nombreuses planches, des extraits de la bibliographie de Jirô Taniguchi, réparties à travers les pièces selon des mots clefs liés à l’auteur : « Le sens de l’humain, mémoires, racines et nostalgie, un passeur entre manga et bande dessinée… »

Les gens viennent seuls, ou en famille, à l’image de Julien. Il laisse trainer son regard songeur sur un mur recouvert d’une planche de l’auteur. « Je suis tombé par hasard sur ‘Le Sommet des Dieux’, depuis je n’ai rien lu de lui malgré que cet ouvrage m’ait laissé une très forte impression… C’est une BD très importante pour moi, c’est à la fois les images et l’histoire qui m’ont marqué. Je suis un lecteur hétéroclite de bande dessinée et je suis venu car c’est un auteur qui me touche ! »  confie-t-il avant de retrouver d’un pas pressé femme et enfant. Les profils sont différents, mais ils sont tous animés d’une même passion : l’auteur de « Quartier Lointains ».

6 Véronique Mathias

Photo : Adele Costantini

Un couple fusionnel traverse l’exposition comme un seul homme. Ils répondent d’ailleurs d’une seule et même voix. « On m’avait offert ‘l’Orme du Caucase’ et j’avais beaucoup apprécié. Depuis cette découverte, nous sommes fidèles à cet auteur, nous avons enchainé avec ‘Le Sommet des Dieux’, ‘Elle s’appelait Tomoji’. Dans les livres de Jirô Taniguchi, il y a une atmosphère très particulière, une douceur incroyable, les sentiments sont exprimés de façon très poétiques à travers les dessins » livrent avec engouement Mathias et Véronique, avant de se replonger avec adorations dans les coups de crayons du maître. Au sein de ces badauds, une oeuvre qui semble faire l’unanimité.

7 Guilhaum

Photo : Adele Costantini

« J’ai un ami libraire et en feuilletant ses différentes BD je suis tombé dessus. J’ai commencé par ‘Quartier Lointains’, le journal de mon père, là je lis ‘les Sommets des Dieux’. Il y a un dessin et une narration réaliste qui nous emportent assez facilement… On est dans un temps assez distordu qui facilite le voyage. Je conseillerais aux gens ‘le Sommet des Dieux’, c’est génial lorsqu’on aime la montagne » avoue timidement Guilhaum.

8 Kévin

Photo : Adele Costantini

Près de la sortie, un coin librairie est tenu par Kévin, qui conseille avec passion sur les oeuvres de sensei Taniguchi, avant que les gens prennent la tangente. « Il faut savoir qu’il y a quelques œuvres qui sont autobiographiques comme ‘Un Zoo en Hiver’ qui raconte l’histoire d’un assistant managea découvrant la difficulté de cette profession, car ce sont eux qui font le travail le plus minutieux… La tâche est tellement compliquée qu’il va limite abandonner  mais la morale de ce livre, c’est de ne jamais abandonner ses rêves ». D’après Kévin, pratiquement tous les mangakas ont été des assistants de grands maîtres, tout le comme le grand Jirô Taniguchi, qui fut celui du grand Katshuiro Ôtomo (Akira) et du très grand Osamu Tezuka, le père du manga (le Roi Léo, Astro Boy).

On sait d’où vient l’inspiration de cette homme qui rêve, qui a appris des plus grands et continue de nous faire voyager avec son univers…

Lansala Delcielo

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