Pourquoi les foutues places assises existent-elles ? Question nulle, me direz-vous. Hé bien, détrompez vous. Allez donc à un concert de l’Orchestre national de Barbès, l’ONB, et vous comprendrez mon dépit. Inutiles, les sièges ! Même le public au balcon, confortablement installé, renonce à poser ses fesses. Et pourtant, on est à l’Olympia. Il se lève et se trémousse, comme tous dans la salle. Nous ne sommes pas à l’Atlas de Bab el Oued, mais à l’Olympia du boulevard des Capucines.

Ambiance survoltée. Sur des rythmes reggae, rock et jazz, les corps ondulent, surtout le bassin. Origine oblige, les sons sont orientaux. Le charme opère. Des petits perchés sur les épaules de papa (qui ne se prive de danser avec maman), aux plus âgés qui se lancent dans des danses du ventre ou des you-you interminables. Vous avez envie, hein ? Dommage pour vous, c’était samedi soir à l’Olympia.

Après la représentation, les jambes en coton, direction « backstage », grâce à mon pass de petit privilégié. Je m’engouffre dans ces sombres couloirs, passant devant les dizaines de mains plâtrées des plus grands artistes. Celle de Bécaud tient compagnie à la mimine d’Axelle Red. Etranges, les pieds de Jane Birking. Je me retrouve derrière la scène. Je suis là pour rencontrer le groupe. Dans les couloirs enfumés, les membres de l’ONB passent devant moi. Ils me saluent poliment. Certains me donnent une bonne poignée de main, très énergique.

« Ca va ? » m’interpelle un des guitaristes, qui est « dans l’aventure depuis douze ans », depuis les débuts de la formation, quoi ! Et dire qu’il y a quelques semaines, Madonna se trimbalait ici avec son staff même pas imaginable. Là, c’est détendu, alors, je chope un des gars, Kamel, percussionniste hors pair. « Sérieusement, j’ai jamais vu l’Olympia comme ça », lui dis-je comme si j’avais trente ans de maison. – Ouais, c’était exceptionnel, en plus on retrouvait la scène. On est très satisfaits. »

M’imaginant fils d’un ingénieur du son ou neveu d’un technicien, les membres de l’ONB me questionnent sur les « défauts » du concert. Je suis juste un spectateur qui s’est éclaté, avec ma mission pour le Bondy Blog. Kamel se tient toujours devant moi, un verre en plastoc à la main. J’aimerais qu’il me parle du groupe. Je comprend rapidement que le groupe est un des plus exceptionnels, avec ses cultures et ses personnalités différentes les unes des autres, avec ses jeunes et ses « vieux ». Maghrébins, Européens. Une douzaine de personnes, soudées.

Le groupe repart sur les routes. Italie, Maroc, Bondy (oui, Bondy), fouette cocher ! Un regret ? « On n’a malheureusement jamais chanté en Algérie », confie Kamel, où certains de l’ONB se sont rencontrés, dans les rues d’Alger la Blanche. Pas d’inquiétude, les gars. Si l’Olympia vous avez fait, l’Atlas vous ferez, assurément !

Mehdi Meklat

Photo : Alain Grodard pour http://www.le-hiboo.com
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Mehdi Meklat

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