Tokio Hotel, M Pokora, Justin Timberlake sont les idoles de nos chères adolescentes. Mais c’est en train de changer. Les stars de la télé asiatique pointent leurs museaus enjôleurs. Bientôt, les teenageuses voudront épouser les bimbo-boys Yamapi, Joe Cheng ou Jang Geuk-Suk, et ressembler à Song Hye-Kyo (photo), Ariel Lin ou Inoue Mao, actrices et top-modèles. A l’origine de ce changement de cap d’ouest en est, le phénomène « drama », en pleine explosion sur les écrans d’ordinateurs de nos jeunes groupies.

Un drama est une série télé asiatique. Les plus populaires sont les japonais, appelés jdrama ou encore doramas. Comportant en moyenne 10 épisodes de 45 minutes, les jdramas abordent une foule de thèmes et sont des adaptations de mangas, BD japonaises qu’on ne présente plus. Les school dramas, mettant en scène la vie de lycéens, font un carton. Les acteurs, souvent des stars de la pop nippone, sont un peu androgynes et leur humour est complètement déjanté.

Les dramas coréens, eux, sont plus longs: 16 épisodes d’une heure en général. Des histoires à fendre le cœur, avec des « carrés » amoureux, des mimiques à la pelle et des jurons typiques. Les dramas taïwanais sont la troisième marche du genre, populaires également. Souvent sur-joués, ils sont cependant de bonnes adaptations de mangas, souvent plus fidèles à l’original que les versions japonaises. Viennent ensuite les dramas hong-kongais, thaïlandais (lakhorn), vietnamiens, etc.

Petits comme grands, chacun peut y trouver son bonheur dans cette offre abondante. Des comédies romantiques aux histoires tirées de faits réels en passant par les drames, il y en a pour tous les goûts. Dans le monde entier, et la France n’y échappe pas, le phénomène attire les jeunes filles du monde entier. « J’aime les dramas, parce que je les trouve rafraîchissants, affirme Evelyne, 19 ans, qui a découvert les dramas grâce à une camarade de classe au lycée. Ça permet de s’évader et ça aide à découvrir une autre culture. Un vrai changement par rapport aux séries américaines que l’on voit tout le temps. J’apprécie le fait que les dramas conservent un certain sens moral, comparé aux programmes occidentaux. Il n’y a quasiment jamais de scène indécente, ce qui en fait un divertissement familial. »

Hélène, 16 ans, n’a d’yeux que pour Matsumoto Jun, acteur, chanteur et présentateur TV : « J’aime bien aussi les OST (musiques originales des dramas, ndlr) aussi. » Le charisme et le charme de certains acteurs font beaucoup, on l’avait compris, pour le succès de ces séries. « Mes acteurs préférés sont Kim Sung-Soo et Daniel Henney pour une raison toute bête : je les trouve beaux », ajoute Hélène. Jennyfer, 20 ans, estime que les dramas que « c’est comme des séries américaines mais en beaucoup mieux. Le seul problème c’est que c’est parfois trop long et un peu trop souvent la même histoire ». Hélène est d’accord avec elle mais pense au contraire que « ces histoires-là sont tout à fait différentes de ce qu’on regarde d’habitude a la télé ».

Pour vous faire une idée de la dramamania qui s’est emparée des ados, tapez « dramas » sur Google et vous comprendrez. Deux blogs français ont la cote : Drama-powaa et Asiandramas. Tous les « dramaholic » se réfèrent au premier pour découvrir les dramas. C’est la référence en la matière. Le mouvement prend tellement en France que des mordus, filles et garçons, ont décidé de réaliser leur propre drama, en français dans le texte, pour « rendre hommage à ces super dramas, parce qu’en France il n’y a pas beaucoup de séries excitantes ou réalistes sur la jeune génération, et parce que c’est l’occasion de partager un super délire », disent ils. Vous trouverez tout sur le développement de leur projet sur leur blog: drama-project.skyrock.com.

Un drama est sorti en coffret DVD l’an dernier en France : Damo, une épopée coréenne aux effets spéciaux un peu kitsch mais à l’histoire très émouvante. Ailleurs, les télés s’y sont mises. Des dramas ont même été diffusés à la télévision en Israël, au Canada, aux Etats Uni, ainsi qu’en Hongrie. A quand en France? « Je serais contente d’en voir à la télé chez nous aussi. Ce serait bien que les producteurs pensent aux adeptes français », souhaite Evelyne.

Mais où s’en procurer et où les voir? Il y a Internet, bien sûr. Sauf qu’en France, les sous-titres mettent plus de temps à arriver qu’aux Etats-Unis. La solution, pour ne pas patienter éternellement, c’est donc la vosta (version originale sous-titré anglais). Les sites où on peut trouver son bonheur sont Crunchyroll et Mysoju ou encore Mangas arigatou. « Il n’y a quasiment aucun drama qui soit entièrment sous-titrés en français, donc je les regarde en vosta. Mais pour y comprendre quelque chose, il faut avoir un niveau d’anglais pas trop mal, sinon impossible d’en profiter », ajoute Evelyne.

Ces mini-séries traversent les frontières, mais certaines sont introuvables sur le net. Elles sont sous licences. Explication : les Américains ont acheté les droits de dramas en vente dans leurs magasins. Dernier recours, l’achat dans un magasin. Et Paris, avec SK House et New Top, deux boutiques situées avenue d’Ivry dans le 13e arrondissement, n’est pas mal loti. On trouve là des dramas (sous-titrés en anglais, chinois, coréen ou japonais) à des prix dérisoires (de 4 à 13 euros), à quoi s’ajoutent des sitcoms qui contiennent plus d’épisodes et sont un peu plus chers : environ 30 euros. La traduction, elle, n’est pas toujours à la hauteur : orthographe défaillante, grammaire aléatoire… Mais c’est le prix à payer pour voir les dramas qu’on aime pour pas trop cher, sachant que dans un magasin voisin, Taiyou, les séries ont un aspect plus officielle et sont donc plus chers, 50 euros en général.

La responsable de SK House explique cet écart de prix : « Nous faisons des imports directs, d’où les prix bas. En ce qui concerne les mauvais sous titres, je n’en connais pas la raison, ce n’est pas nous qui nous occupons de ça. » Ne pouvant pas me contenter de cette réponse, je vais voir la concurrence. S., de chez Taiyou, a un discours différent: « Ce qu’ils vendent, c’est de la copie. La différence entre leurs DVD et les nôtres, c’est la qualité. Il suffit d’acheter un coffret ici et là-bas pour voir la différence. »

Ndembo Boueya

PS : voici les premières minutes de Hana Yori Dango (saison 1), l’un des dramas les plus connus dans le monde et en France (pour ne pas dire le plus connu). Bon visionnage!

http://www.dailymotion.com/relevance/search/hana%2Byori%2Bdango%2B01/video/x5r6zb_hana-yori-dango-01-part1-vostfr-i_shortfilms

Ndembo Boueya

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