#OccupyPompidou. Dans le cadre de l’open mic du tremplin des talents, Mehdi Maizi, présentateur de l’événement et journaliste pour l’Abcdr Du Son, a répondu au micro du studio 13/16. Oumar lui a proposé un « Abcdr des rappeurs ». Un rappeur, une question. 
Le Bondy Blog : A comme Abdallah qui s’est exprimé lors des attentats de Charlie Hebdo. Pensez-vous que c’est le rôle des rappeurs de s’exprimer en faveur d’une cause religieuse ou est-ce que cela perpétue les clichés ?
Mehdi Maizi : Un rappeur peut avoir plusieurs rôles, il peut être un « entertainer » c’est-à-dire divertir le public ou il peut délivrer un message comme le fait Abdallah. Il n’y a pas de bonne recette, tout est possible dans le rap.
B comme Black Kent qui explique souvent dans ses textes sa difficulté à  percer dans le milieu. Selon vous, est-ce que ce sont les plus méritants qui ont le plus de succès ?
Il a beaucoup travaillé au début des années 2010 mais on parle moins de lui aujourd’hui parce qu’il s’est fait très rare. On peut le comparer à Black M de la Sexion d’Assaut qui a énormément travaillé et qui est très populaire aujourd’hui. J’ai envie de regarder le verre à moitié plein, de me dire que le travail paie.
C comme les Casseurs Flowters qui ont sorti un film : Comment c’est loin. Beaucoup pensent que le rap est une musique pour les noirs et les arabes. Quel est votre avis ?
Je pense que cette idée reçue est morte depuis très longtemps. Prenons la trinité IAM, NTM et Assassin. Akhenaton, Kool Shen et Rockin’ Squat ne sont ni noirs ni arabes. Orelsan a surement décomplexé les gens dans les années 2000 mais il est loin d’être le premier. C’est un cliché, on associe le rap à la banlieue mais j’espère qu’au bout de 30 ans de rap en France, on commence à le comprendre.
D comme Diam’s qui a marqué la musique des années 2000. Est-ce que les femmes sont légitimes dans le rap game ?
Les femmes ont leur place dans le rap. En France on a eu Diam’s, Princess Aniès. Aux Etats-Unis on a Nicki Minaj. Beaucoup de femmes ont contribué à l’histoire du rap même si c’est un milieu masculin. Diam’s a mis toute sa vie dans son rap, beaucoup de gens se sont sentis concernés par ses textes. J’ai beaucoup de respect pour elle.
F comme La Fouine qui a du mal à se relancer depuis son clash avec Booba. Ce dernier a-t-il  tué sa carrière ?
C’est une règle dans le rap français : si tu te frottes à Booba, ça devient très compliqué comme il le dit dans son morceau « J’arrête des carrières » (JDC). Le grand gagnant c’est Booba, il gît sur les ossatures des autres rappeurs. Je ne sais pas s’il a tué la carrière de La Fouine car il a encore un public, un disque qui doit sortir, on verra le résultat.
G comme Maître Gims qui a sorti un double album avec une partie rap et une partie pop. Cette dernière est la plus plébiscitée par le public. Êtes-vous content de cette évolution du rap ?
Au bout de 30 ans de rap en France, c’est normal que le genre se rapproche de la « pop ». C’est le sens de l’histoire. Ça ne me pose pas de problème, je suis content de voir Maître Gims gagner une victoire de la musique au vu de son parcours et «  si t’aimes pas, t’écoutes pas ! », comme dit Booba.
K comme Kaaris,  Keri James, Kool Shen. Les trois posent la question de l’avenir du rap. Quel avenir pour la trap, le rap conscient, et les anciens ?
Ce sont des cycles. La trap a un avenir pour ceux qui souhaitent en faire mais je pense que ce n’est déjà plus le modèle. En ce qui concerne le rap conscient, Kendrick Lamar fait du rap conscient et ça cartonne. Je pense que ce style va revenir en France. Pour ce qui est des anciens, on s’est souvent posé la question d’une péremption des rappeurs. Aujourd’hui, Booba a 38 ans et danse avec des ours dans ses clips. Kool Shen a 50ans et vient de sortir un album. En 2004 il disait « j’arrête le rap car c’est une musique de jeune » et aujourd’hui il revient.
T comme la Team BS, un groupe formé par La Fouine, Fababy, Sultan et Sindy. On les a accusés d’avoir vendu leur âme, de faire de la musique commerciale, quel est votre avis ?
A partir du moment où on met un code barre sur un produit, c’est commercial. Tous les rappeurs veulent vendre des disques. S’il y avait une recette pour faire des tubes, tout le monde en ferait. Il faut avoir du respect pour la musique populaire. Je m’en moque tant que la musique est bonne.

Propos recueillis par Oumar Diawara

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