Raconte-nous ton parcours.

J’écris depuis 14,15 ans : des nouvelles, des poèmes, des sketches, mais je ne savais pas quoi en faire, c’était plus un côté psychothérapeutique. En fait, ça m’a donné une discipline d’écriture. J’ai vraiment commencé en 2003 en faisant du slam avec Grand Corps Malade et Jacky Ido. Ensuite, j’ai bifurqué sur le stand up. On a créé un collectif d’humoristes  le Comic street show puis Barres de rire, concept ensuite repris par le Jamel Comedy Club, où j’ai d’ailleurs fait un passage éclair de 4-5 mois. Je savais pertinemment que si je restais au Jamel Comedy Club, la presse française m’aurait toujours catalogué comme rebeu de banlieue malheureusement. Pour échapper à cela, je suis parti. En fait, c’est un peu comme le Bondy Blog qui est arrivé après les émeutes de 2005, le Jamel Comedy Club, lui, est arrivé au moment de la discrimination positive à la télé. De plus, il aurait fallu me proposer autre chose car le Jamel Comedy Club n’avait pas compris mon histoire : j’avais étudié aux Etats-Unis, j’avais bougé à droite à gauche, mon délire c’était pas de devenir le nouveau Jamel, j’ai rien à voir avec lui. Je suis donc retourné aux States, fallait que j’écrive une histoire là-bas, sinon, on ne m aurait pas calculé.

Peux-tu nous toucher deux mots de ton spectacle aux Etats-Unis ?

Il a fallu m’adapter au public américain qui a des références culturelles et un humour autres. Dans mon spectacle, je parle de mon expérience en tant que Français étudiant aux Etats-Unis. En plus, j’ai eu la chance de jouer au basket à l’université du Connecticut, avec l’équipe universitaire des Huskies, alors championne en titre. Je raconte mon arrivée aux Etats-Unis, ma vie sur le campus, je souligne les points communs historiques franco-américains (Lafayette, la statue de la Liberté, la Libération…) et n’oublie pas, bien entendu, de mettre en exergue les différences entre les deux pays. Maintenant, ça fait six ans que je fais des allers-retours. J’essaie d’y aller une ou deux fois par an, trois mois à chaque fois pour faire mon show.

Avant de te lancer dans ta carrière dans le stand up, tu as eu plusieurs expériences, notamment basketteur et enseignant. Peux-tu nous en dire plus ?

J’ai donné des cours de français aux Etats-Unis  à la fac du Connecticut. De retour en France, grâce à ma maîtrise, je donnais des cours d’anglais et d’italien. En fait, je faisais des remplacements dans des collèges et lycées à proximité de mes clubs de basket pour pouvoir filer à l’entraînement après les cours. J’ai pu évoluer au  PSG Racing, AS Bondy 93, Levallois, Poissy, Narbonne. J’ai aussi fait partie de la sélection nationale algérienne. De plus, quand je jouais à l’AS Bondy, j’étais aussi éducateur sportif à Bondy nord dans les écoles primaires.

Pourquoi avoir arrêté ta carrière professionnelle de basketteur ?

En rentrant des States, j’avais un contrat avec le Bahreïn, contrat de 2 ans avec 6000-7000 dollars par mois, nationalité au bout de 2 ans. Pas longtemps avant de partir, je me suis blessé à l’épaule. Le verdict du médecin a été sans retour : opération, 10 mois d’arrêt minimum. J’ai donc commencé à faire de la scène et ça a marché ! Ce qui est bien dans ce métier, c’est que tu fais plein de rencontres. C’est peut-être pour ça que j’ai définitivement arrêté le basket : toujours les mêmes gars, entraînement… Les centres d intérêts étaient assez restreints.

Comment se dessine ton avenir proche et plus lointain ?

Grosse tournée dans toute la France en 2013, ça commence même en décembre. Je prolonge aussi à l’Alhambra jusqu’en mars 2013. Sur le plan cinématographique, j’écris un film, on va voir ce que ça va donner. Je compte jouer et peut-être coréaliser aussi.

Un petit conseil à ceux qui souhaiteraient prendre ta place sur scène ?

Ne jamais lâcher l’affaire, beaucoup travailler et peut-être un petit coup de pouce du destin.

Propos recueillis par Rajae Belamhawal

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