Si vous êtes un habitué de la ligne 9 du métro, vous avez sans doute déjà fait un bout de chemin avec une classe d’élèves, plus ou moins bruyants et accompagnés par des adultes pour visiter le Salon du livre et de la presse jeunesse. En avez-vous déjà entendu parlé ? Je suis parti là-bas pour la première fois l’an dernier et n’étais pas au fait de son existence auparavant, Ai-je vécu sur une autre planète durant une vingtaine d’années ? Non, toutes les personnes que j’ai rencontrées étaient d’accord sur un point : la médiatisation du salon est insuffisante. Par exemple Nicole trouve qu’on ne voit pas beaucoup d’affiches dans les rues.

Dans ce cas, comment les enfants ont-ils accès à ce genre d’événements ?  Principalement grâce aux sorties organisées par les établissements scolaires. Madame Germain est enseignante dans une classe primaire à Villeneuve-la-Garenne. C’est la première fois que les élèves qu’elle emmène se rendent ici. Ce n’est pas étonnant pour elle : « On vit dans un milieu assez défavorisé culturellement et du coup l’école a besoin de donner une impulsion. » Seuls les parents accompagnateurs discutent de ce genre de sortie avec les enseignants.

Monsieur Thircuir est professeur de français dans un collège du 19e arrondissement de Paris. Il livre un avis original par rapport à la médiatisation du salon : « Pour qu’il y ait un lien qui se fasse entre les écoles et les parents, il faut qu’il y ait des sorties. Surtout comme aujourd’hui pendant les premiers jours. Ça donne l’occasion aux parents de venir le weekend. Le lien peut se faire de cette manière. »

Pour quelles raisons des parents n’emmènent pas leurs enfants au Salon du livre ? Les avis divergent. Pour Nicole les parents sont plus préoccupés par la réussite scolaire de leur enfants que par la lecture-plaisir, objet du Salon du livre et de la presse jeunesse et volontiers délégué aux établissements scolaires, « et puis est-ce que les parents ont le temps lorsqu’ils n’ont que le weekend ? » Clémence, se veut plus psychologue : pour certains parents ayant « un vécu scolaire difficile, le livre ne représente pas quelque chose d’agréable. Du coup, ils n’ont pas forcément envie d’accompagner leurs enfants dans ce genre de salon. Je pense qu’il faut dire à ces parents qu’ils ont leur place dans l’accès à la culture pour leurs enfants. Que ce rôle n’est pas réservé à l’école. »

Même si les chances sont moins élevées que le mercredi ou le weekend, je finis par rencontrer un père qui est venu avec sa fille. Il s’appelle Constantin et vit en Belgique. C’est la première fois qu’il vient au Salon du livre, mais il a déjà emmené ses enfants dans d’autres salons de ce type. Constantin les a toujours poussé à se rendre aux manifestations culturelles destinées aux jeunes, ne les a jamais forcés. Un jour, ils ont pris l’initiative. Aujourd’hui sa fille cadette est étudiante en art-plastique et en BD. Elle a rendez-vous avec trois éditeurs…

Olufemi Ajayi

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