Madiba, ce nom tribal résonne depuis le 29 janvier et jusqu’au 27 mars au Comédia. Plus connu sous le nom de Nelson Rolihlahla Mandela, n’a pas fini d’inspirer la culture. L’homme devenu le symbole de la lutte et de la paix prête ses traits une énième fois… Après George Harris : Prisoners of Conscience (1981), Danny Glover : Mandela (1987), Sidney Poitier : Mandela and de Klerk (1997), Dennis Haysbert : Goodbye Bafana (2007), Clarke Peters : Endgame (2009), Morgan Freeman : Invictus (2009), Terrence Howard : Winnie (2011), Idris Elba : Mandela: Long Walk to Freedom (2013), James Noah : Madiba le musical en 2016… Ce dernier quant à lui porte cet hommage sur les planches françaises.
Les 3 coups retentissent à 20 h 30, bien avant les 12 de minuit… Dans une grande salle d’un raffinement sans pareil se tient une représentation, un rendez-vous avec l’histoire dans une salle comble. Les artistes font une entrée triomphale, nous entraînant dans un voyage qu’on aimerait sans retour pour l’Afrique du Sud, alternant, chants et danses traditionnelles zoulous. L’histoire que l’on connaît de ce grand homme se retisse sous nos yeux et elle est narrée avec panache par Lunik. Il nous fait redécouvrir le combat d’un homme, d’une vie, d’un peuple, d’une nation. On est de suite happée par l’histoire de ce jeune avocat écoutant les revendications de son peuple opprimé en plein apartheid.
Il va vouloir faire entendre sa voix contre le système avec le parti politique l’ANC (Congrès national africain). La suite c’est 27 ans de détention. Au fil de la pièce, on remarque que l’histoire de Nelson Mandela est secondaire et se déroule en arrière-plan… On la survole avec une belle scénographie, touchante, émouvante passant du chant (traditionnel, gospel, R&B, pop), danse (traditionnelle, steppin, danse contemporaine, hip-hop) agrémentée d’images projetées. En parallèle, plusieurs histoires viennent s’ajouter au tableau, dont une romance, un amour impossible entre un homme et une femme venant des deux mondes qui s’opposent dans cet hommage. Le public semble suivre chaque scène avec passion…
« J’ai apprécié que l’on fasse une œuvre artistique autour de cette figure emblématique : Nelson Mandela, mais j’ai regretté la légèreté du propos, c’est un combat très long… je sais que c’est difficile de mettre une histoire aussi dense dans une œuvre durant 2 heures. Je trouve également dommage que l’on n’ait pas montré les combats menés en interne à Robben island, pour avoir de meilleure condition de détention… Je me dis qu’ils ont un vivier énorme d’artistes en Afrique du Sud, cette comédie musicale aurait pu être l’occasion d’en découvrir » déplore Claire.
La pièce malgré certains aspects dramatiques est rythmée de façon joyeuse, permettant de ne pas sombrer dans l’amertume d’un combat passé… « C’est une pièce complète, dans le sens on comprend bien l’ensemble du parcours de Mandela… On retrouve l’ambiance qu’il y avait en Afrique du Sud sous différentes époques. J’ai bien aimé le côté festif dû à l’esprit des comédies musicales, mais le côté Roméo et Juliette, on aurait pu s’en passer » remarque Sarah. » Le pseudo : « amour impossible » par sa longueur, a éclipsé la dimension de lutte, l’hommage, car c’est une idylle comme on peut on trouver partout ailleurs… Ce moment m’a expulsé de Johannesburg, on m’a enlevé du Johnny Clegg (le zoulou blanc) pour le remplacer par du Poetic Lover à la sauce Disney… Malgré ce bémol qui tombera bientôt avec la Saint-Valentin, c’est une pièce qui vous fera passer un pur moment de bonheur, avec des artistes qui portent cette pièce avec brio et donne envie de crier : « Awethu », quand ils disent : « Amandla » !
Lansala Delcielo

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