Mariame M’Boh n’est pas une élève comme les autres. Scolarisée en primaire, la jeune guinéenne de 11 ans vient de publier son premier livre. Elle y propose une dizaine de contes dans lesquels animaux et êtres humains cohabitent, s’entraident et parfois s’affrontent. À travers ce livre, qui nous transporte en Guinée-Conakry et au cœur de ses diverses cultures, la jeune autrice nous invite également à réfléchir aux morales et aux valeurs transmises par ses parents. Interview.
Comment as-tu eu l’idée de publier un recueil de contes ?
J’aime beaucoup la lecture. Je me suis donc dit : « Pourquoi pas réaliser un de mes rêves et incarner un de ces personnages fictifs que j’ai toujours aimés ». Une idée que mes parents et ma sœur ont beaucoup soutenue. Pour moi, c’est une joie et une fierté d’avoir publié ce livre.
Pourquoi en es-tu si fière?
C’est un peu une manière de montrer que, peu importe notre âge, nous pouvons réaliser nos rêves. J’aimerais encourager tous les jeunes à lire. La lecture, c’est l’avenir de notre génération.
Est-ce que tu peux me parler un peu plus de ton processus d’écriture ?
J’ai écrit ce recueil petit à petit. Je me promenais toujours avec mon bloc-notes et je notais les idées qui me venaient, puis je les mettais en ordre. Ensuite, j’ai relu mes histoires avec mon père et ma sœur. Le plus difficile à faire était d’ordonner mes idées puisque j’en ai beaucoup à la fois, c’est un peu compliqué de les ordonner.
Qu’est-ce qui t’a le plus inspiré pour écrire ? Il y a beaucoup de contes autour des animaux, de l’importance des liens familiaux…
J’aime bien parler des animaux et des humains, mais je n’ai pas centré mes histoires sur ces personnages en particulier. Pour moi, les personnages importent peu, c’est la transmission qui compte. C’est ce qui me plaît le plus dans l’idée de pouvoir publier mon livre. L’idée générale de mes histoires est d’inspirer tout le monde à faire du bien. Ce sont les conseils que mes parents m’ont donnés, que je reflète dans mon livre.
C’est pour cela que chaque conte est accompagné d’une morale ?
J’ai mis des morales à la fin des contes pour préciser le message que je souhaitais transmettre. Il est certain que tout le monde n’aura pas le même point de vue que moi sur ces histoires. J’ai donc préféré mettre une petite morale à la fin de chaque conte.
En plus des morales on découvre aussi des aspects culturels de ton pays, la Guinée-Conakry…
Oui, je voulais mettre en valeur la culture de mon pays. J’aime beaucoup la diversité des ethnies de mon pays et aussi leur solidarité. C’est quelque chose qu’on retrouve aussi dans les histoires : la solidarité, les liens entre frères et sœurs. C’est très important pour moi.
Qu’est-ce qui te plaît, en particulier dans les contes. Pourquoi avoir commencé par les contes?
Les contes, c’est une manière de parler de plusieurs choses à la fois dans un même livre. Contrairement au roman, qui pour moi repose sur une seule idée générale. Dans les contes chaque histoire a sa propre morale.
Tu étais présente au Salon du Livre africain de Paris. Comment ça s’est passé ?
J’ai participé au Salon du Livre africain de Paris. J’ai été invitée par le directeur de l’Harmattan France. Je suis allée avec mon papa. C’était la première fois que je venais en France. J’ai pu vendre au moins une centaine d’exemplaires que j’ai dédicacés. C’était un plaisir de pouvoir parler de mon livre.
Ça a été un peu fatigant, mais j’ai bien aimé y participer. J’aimerais bien découvrir de nouveaux endroits, aller dans d’autres pays pour pouvoir parler de mon livre et inspirer tous les autres jeunes de mon âge ou plus âgés à faire de même.
Depuis quand lis-tu et écris-tu des livres ?
Je lis des livres depuis toute petite. Mon premier livre, c’est mon père qui me l’a offert, mais j’ai commencé à écrire à 8 ans. L’écriture et la lecture sont mes passions, quand j’écris je me sens dans mon univers. J’ai commencé par écrire des contes, mais je suis présentement sur un roman.
Propos recueillis par Alyssia Gaoua