Un alien à l’allure peu commode s’échappe d’une prison intergalactique très surveillée. L’occasion de régler ses comptes avec K, un agent du MIB, qui l’a mis hors-circuit en 1969 alors qu’il tentait de détruire la Terre. Afin d’effacer cette erreur de carrière « Boris l’Animal », le dernier alien de l’espèce des « Boglodites », s’empare d’une machine à remonter le temps. Il se projette au jour fatidique de sa chute, bien décidé à changer le cours des choses. Son retour dans le temps crée une faille temporelle qui se répercute sur la vie présente de l’agent « K » (interprété par Tommy Lee Jones) mais également sur celle de l’agent « J » (incarné par Will Smith), son acolyte. J est complètement perdu dans cette nouvelle configuration de la réalité, où K n’existe plus depuis longtemps.

C’est sa toute récente addiction au chocolat au lait qui résout en partie le mystère, puisqu’il s’agit d’un des symptômes du phénomène de distorsion temporelle. Le temps presse puisque la planète Terre est menacée d’extinction. En effet, la disparition de K signifie que le bouclier qu’il avait déployé contre cette attaque martienne, en 1969, n’a jamais existé. J rejoint alors la même époque que le Boglodite pour remettre un peu d’ordre dans ce cataclysme extraterrestre. Il rencontre alors un K jeune, amoureux, loquace, intrépide et capable d’humour. Le K qu’il connaît n’a rien à voir avec ce type enjoué : « Mais que t’est-il arrivé ? », un refrain que répète inlassablement J. La réponse ne viendra que bien plus tard.

Les extraterrestres nauséabonds, l’invasion d’aliens ou encore le voyage dans le temps sont des classiques du genre de la science-fiction. Ce qui est intéressant ici, c’est le côté décalé propre aux deux précédents opus des « hommes en noir ». Finalement, les martiens sont des hommes comme les autres… à quelques détails près. Le saut dans le temps est d’ailleurs une excuse pour voir se balader des aliens vintage, complètement « époque » (merci Rick Baker). Ici, pas de désir de vraisemblance, le spectateur est complice de l’histoire qui se joue sous ses yeux. Il s’en imprègne, tout en adoptant une position presque schizophrénique en ce sens qu’il prend dans le même temps du recul sur l’histoire et perçoit ainsi les clins d’œil qui lui sont adressés.

En termes de décalage, notons l’excellent passage Wharolien et les récits imbriqués des « futurs probables » évoqués par Boris, un alien coiffé d’un improbable bonnet péruvien. Son interprète n’est autre que l’excellent Michael Stuhlbarg, l’acteur principal de A Serious Man, des frères Coen. Ce passage du film, complètement loufoque, est drôle et résume le second degré adopté par Barry Sonnenfeld. Le cinéaste parvient à nous faire plonger la tête la première dans son univers sans que nous n’en prenions garde. En effet, Les premières minutes du film constituent inconsciemment une attente pour le spectateur qui connait déjà les précédents opus. En fait, c’est à l’instant où il pense tomber dans le « déjà-vu » que le récit l’emporte.

Le film offre finalement un retour aux sources : en plus de s’adjoindre de manière cohérente aux deux œuvres précédentes, il vient expliciter et expliquer certaines choses, tout en modifiant par la même occasion la perception de la trilogie dans son ensemble. Notons également la performance des acteurs qui portent le film, à l’instar de Will Smith qui excelle dans ce rôle, ainsi que l’effort de casting qui trouve en la personne de Josh Brolin une version jeune quasi parfaite de l’agent K, interprété par Tommy Lee Jones.

Amandine Liard

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