Quand Jordan s’installe timidement sur la scène de l’Open Mic, en attendant ses deux compères, l’étiquette « Kanye » est vite oubliée. Une fois la musique lancée, les trois rappeurs originaires des Antilles, déchaînent le public. Arrivés en force accompagné de leurs ami(e)s , ils imposent leur style et leur énergie. A tel point qu’une dame blonde, assise au premier rang le point levé, entonne le refrain « Appelle la police ». Le choc des cultures est jubilatoire.
Jordan, membre du groupe, est le seul à rapper en Anglais. Originaire de Saint-Martin rapper en anglais est pour lui « son héritage ». Erwin, son ami d’enfance et aussi membre du groupe, se qualifie « d’un style unique ». Il affirme, casquette vissée sur la tête aux joues joufflues et à la « gueule d’ange », « on essaye de faire de tout, de parler aux jeunes des cités ». Jonathan, troisième membre du groupe, insiste : « la musique c’est devenu tout est n’importe quoi, on veut écrire de vraies paroles ». Le problème dans le rap, c’est la profusion de rappeurs. Alors pour les trois antillais « il faut se démarquer, avoir un vrai style ». Pour cela ils écoutent les rappeurs du moment, Kendrick Lamar, Booba etc.. pour voir ce qui marche. Pour autant ils déplorent les paroles violentes de certains rappeurs à la mode parce que selon eux « la musique influence tout le monde ». En tout cas, pour les trois jeunes rappeurs le message est sans équivoques « il faut poursuivre son rêve et travailler dur. Quand on veut on peut ».
Pénélope Champault

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