Qui sont les ancêtres des Bondynois ? Les brigands de la forêt de Bondy, qui nous ont légué leur savoir-faire en pillage de buffets ainsi que leur hygiène buccodentaire, ne sont pas les seuls à pouvoir revendiquer le titre. Cyrille Le Forestier, le barbu en bleu de travail sur la vidéo, dirige actuellement des fouilles à Bondy, en face de notre mairie, dont l’architecture glorifie Staline et le gris. Cet archéo-anthropologue de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), fouille actuellement, avec son équipe, une nécropole du Haut moyen âge.

Rien n’a changé ou presque depuis 1700 ans, Bondy-centre était déjà Bondy-centre sous Clovis. Les corps sont enterrés pas très loin de l’église actuelle, au même emplacement où jadis son très vieil aïeul en bois du moyen âge sonnait l’angélus.

Les pratiques funéraires, l’état de santé voire le niveau de vie de nos ancêtres, voilà entre autres, ce que révéleront les dépouilles de nos anciens déterrées. Je vous vois venir, vous allez me dire, vu l’ambiance actuelle : « Ce n’est pas tes ancêtres ce sont les miens, le melon ! » Oui, peut-être, les grands-pères de mes grands-pères, sont enterrés sur le sol de la lointaine Afrique.

Mais je citerai ici le plus grand savant de la préhistoire : Rahan, le fis de Crao le sage.  Un jour, Cheveux de feu traversa un petit ravin où deux squelettes reposaient dans une position lui montrant que ces deux-là étaient morts en combattant. Plus loin, son aventure l’amena vers deux tribus ennemies. Ennemies, parce que dans l’une vivaient des hommes blancs, dans l’autre des hommes noirs. Dans leur sagesse, les deux clans avaient décidé de mettre fin à la guerre, en envoyant leurs chefs se fritter, en tête à tête, dans un ravin, sans succès puisqu’aucun n’est revenu.

Rahan ramena les deux tribus dans le ravin où reposaient les deux squelettes qu’il avait croisés tantôt. Il dit à tous : «  Voici vos chefs. Sauriez vous distinguez l’homme noir de l’homme blanc ? On est tous égaux sur cette terre et quand vous aurez l’âge de voter les enfants, votez pour le PC. » Oui, Rahan était une bande dessinée avec un message un tout petit peu communiste, mais qu’est-ce qu’il était cool avec son coutelas !

Revenons à nos moutons moyenâgeux. Si vous voulez voir à quoi ressemble des fouilles archéologiques à Bondy, cliquez sur le reportage vidéo ci-dessous, où bien rendez-vous du 21 au 22 mai pour les journées portes ouvertes au public.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xio87h_fouilles-archeologiques-a-bondy_creation[/dailymotion]

Idir Hocini

Articles liés

  • « Freda » : Ôde à la résistance haïtienne et féminine

    Présenté dans la catégorie Un Certain Regard et deuxième film haïtien à être présenté au festival de Cannes depuis 1993, Freda est un film important et immersif sur la jeunesse féminine haïtienne telle qu’elle est. Analyse et interview de la réalisatrice Gessica Généus.

    Par Farah El Amraoui
    Le 18/10/2021
  • « Reconnaître le 17 octobre 1961 c’est reconnaître les autres combats contre un système d’impunité »

    Le massacre des Algériens le 17 octobre 1961 n'est toujours pas reconnu comme un crime d'État. Malgré les déclarations d'Emmanuel Macron, la France ne se considère toujours pas responsable d'une des pages les plus sombres de l'histoire coloniale. Fabrice Riceputi, historien, revient sur cette nuit sanglante et rappelle les enjeux d'une reconnaissance encore loin d'être gagnée. Entretien.

    Par Amina Lahmar
    Le 17/10/2021
  • 007 : les femmes ne sont pas qu’un matricule

    Sorti cette semaine, Mourir peut attendre est le 25ème opus de la série James Bond. Le dernier avec Daniel Craig dans le rôle éponyme d'une série qui a alimenté la polémique sur les questions de représentation ethnique et de genre. Félix Mubenga a vu le film, et salue la place des héroïnes jouées par Lashana Lynch et Ana De Armas. Critique.

    Par Félix Mubenga
    Le 07/10/2021