J’étais en train de lire « De la race en Amérique », petit ouvrage bilingue des éditions Grasset qui reprend un discours désormais célèbre du sénateur afro-américain. D’habitude, je profite toujours de l’été pour lire quelques romans. J’aurais pu me mettre à la lecture de « Millénium », la trilogie de Stieg Larson que tout le monde, ou presque, a lue ou me plonger dans « Un lieu incertain », le roman de Fred Vargas. Mais je suis trop en retard pour certains projets et je dois donc me concentrer sur Barack Obama. J’en étais donc à un passage émouvant, dans lequel il retrace l’histoire des conflits raciaux en Amérique lorsque je me suis demandé si le livre du candidat démocrate se vendait bien.

Ni une ni deux, je cesse ma lecture pour téléphoner à Grasset. On me passe le secteur commercial où je tombe sur la voix d’une douce jeune femme. « Obama, dit-elle, c’est l’une de nos deux plus grosses ventes cet été. » Je tombe sur le cul. Je pensais que les livres les plus vendus en été étaient les romans, voire les cahiers de vacances. Je demande alors quel est l’autre livre le plus vendu. Sûrement un roman ?

« En fait, poursuit-elle, c’est aussi un essai, il s’agit de La Chinafrique ». Cet ouvrage bien connu des BB lecteurs a été écrit par Serge Michel, fondateur du Bondyblog, et Michel Beuret, chef du service international de l’hebdomadaire lausannois L’Hebdo, avec des photos de Paolo Woods. Mais revenons à notre sujet. Je retombe sur les fesses : deux essais au top des ventes d’une grosse maison d’édition, cela me semble très surprenant.

« En fait, ajoute mon interlocutrice, depuis plusieurs mois, on assiste à une baisse des lectures de romans. » Est-ce dû à un baisse de moral des Français, à l’inquiétude liée à la mondialisation ou peut-être à une modification en profondeur des loisirs, la télé et le jeu remplaçant de plus en plus la lecture de romans. En tout cas, « la Chine, l’Afrique et l’Amérique avec pour corolaire l’économie et la politique de ces pays enthousiasment plus nos lecteurs que les romans. »

C’est bien dommage pour les libraires et les maisons d’édition qu’Obama ne puisse pas être candidat en France… On était habitués à ce que l’Amérique exporte ses films durant l’été, mais s’ils se mettent aussi à exporter leurs hommes politiques, leurs discours, leurs biographies et poussent les lecteurs français à la lecture, alors, c’est vraiment le monde à l’envers.

Axel Ardes

Axel Ardes

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