Au cœur de la Goutte d’Or, du 13 septembre au 21 décembre 2013, l’Institut des Cultures d’Islam met à l’honneur Dakar et la culture sénégalaise. Au programme : concerts, contes, découvertes culinaires, danses, courts métrages, exposition photos…

Du 13 septembre au 21 décembre 2013, au 19-23 de la rue Léon, XVIII° arrondissement, le Sénégal prend ses quartiers. Cet événement sera rythmé par des concerts, des contes, des saveurs gustatives aux couleurs des « Lions de la Téranga », des expositions… L’accueil est chaleureux dans ce dédale de couloirs. Il y a d’un côté une exposition photo, de l’autre une pièce avec des objets juxtaposés sur une table : boucles d’oreilles, bracelets, colliers… La foule est concentrée dans la cour à l’architecture orientale ! Les retardataires migrent sur des hauteurs, des escaliers perchés à l’est et à l’ouest de l’arrière-cour. Au milieu une estrade équipée de micros dignes d’un meeting présidentiel fait face à un ingénieur sous son chapiteau, à l’abri des gouttes de pluie. Photographes et cameramans jouent des coudes dans la convivialité pour capturer le meilleur instant.

Boubacar N'Diaye (2)Boubacar N'Diaye (2)Le président de l’Institut des cultures d’islam, Jamel Oubechou, présente le programme de la soirée devant une foule hétéroclite : des cols blancs, des femmes en pagne, des hommes en boubou, des rastas, des dandys. Les élus de la mairie Paris se relayent dans un discours très protocolaire. Le ton est solennel, avec quelques notes d’humour et certains appels du pied, en vue des municipales 2014. Les hauts fonctionnaires parlent de leur projet commun, le Tandem Dakar-Paris qui succède celui de Buenos Aires (2011) et de Berlin en (2012). Ce programme consiste à un échange culturel entre deux capitales pendant tout un semestre. Il est organisé conjointement par l’Institut français, l’Institut français du Sénégal, la ville de Dakar ainsi que la ville de Paris. Il se décompose en deux temps forts, de mars à juin 2013 Paris descend à Dakar et de septembre à décembre 2013 c’est au tour de Dakar d’investir la capitale parisienne.

Vernissage 1 (2)Le 8e festival : Par ici Dakar est une branche de cet événement international. L’adjointe  à la culture au maire de Dakar, Madame Soham El Wardini, souligne en souriant, que la jeunesse avait notamment été marquée par le cirque. Les jeunes dakarois n’avaient pas vu de cirque depuis 1980. Le discours s’abrège après une ovation du public et lance par la même occasion la dégustation de mets franco-sénégalais : petit four, canapé, pastel, bissap ( à base d’hibiscus), jus de gingembre…

Les gens se restaurent tout en regardant « la voie du Baye Fall » ( une branche de la confrérie des Mourides) le vernissage photo de Fabrice Monteiro. Cet artiste belge d’origine béninoise me Vernissage 2 (2)lance : « J’ai vécu deux ans au Sénégal, j’ai découvert les Baye Fall. Je voulais montrer une autre image de cette tribu. Ces prises de vues sont profondes et saisissantes, c’est un partage de leurs liesses, leurs désespoirs, leurs sérénités, leurs colères un condensé de leur vie…» Un homme monte sur la scène, accompagné d’une musique traditionnelle sénégalaise. Le conteur Boubacar N’Diaye donne une leçon d’oralité à une foule captivée avant de laisser la place aux rappeurs sénégalais Didier Awadi & Matador. Cette soirée laisse présager un festival riche en découvertes et en rebondissements.

Lansala Delcielo

Articles liés

  • « Reconnaître le 17 octobre 1961 c’est reconnaître les autres combats contre un système d’impunité »

    Le massacre des Algériens le 17 octobre 1961 n'est toujours pas reconnu comme un crime d'État. Malgré les déclarations d'Emmanuel Macron, la France ne se considère toujours pas responsable d'une des pages les plus sombres de l'histoire coloniale. Fabrice Riceputi, historien, revient sur cette nuit sanglante et rappelle les enjeux d'une reconnaissance encore loin d'être gagnée. Entretien.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 17/10/2021
  • 007 : les femmes ne sont pas qu’un matricule

    Sorti cette semaine, Mourir peut attendre est le 25ème opus de la série James Bond. Le dernier avec Daniel Craig dans le rôle éponyme d'une série qui a alimenté la polémique sur les questions de représentation ethnique et de genre. Félix Mubenga a vu le film, et salue la place des héroïnes jouées par Lashana Lynch et Ana De Armas. Critique.

    Par Félix Mubenga
    Le 07/10/2021
  • Swag Dance Studio : l’école des profs de danse étrangers

    Créé en janvier dernier, le Swag Dance Studio emploie des personnes immigrées : expatriés, exilés avec ou sans papiers dans le cadre de cours ouverts aux adultes débutants. Une initiative qui a pour but de démocratiser l’accès à la danse, tout en changeant le regard porté sur la migration. Reportage.

    Par Amina Lahmar
    Le 29/09/2021