Au pavillon M, espace central d’information de Marseille Provence 2013, se tient une exposition gratuite sur la téléphonie mobile. Une réelle rétrospective qui vous transporte entre nostalgie et sciences fiction.

Cinq espaces et cinq époques de la vie du téléphone mobile. L’exposition Culture Mobile retrace 25 ans d’existence du portable en présentant une centaine d’appareils du combiné portable pesant parfois plus de deux kilos au dernier Samsung Galaxy 4 en passant par le Tam-Tam et le téléphone à clapet. Cette exposition de téléphones ramène les visiteurs à la fois dans le passé téléphonique mais aussi dans ses propres souvenirs.

Car c’est bien ce que souhaitait mettre en valeur Christine Clauss, la directrice de l’exposition. Le téléphone portable a « une valeur sentimentale ». Trimballé partout, toujours dans les mains, le mobile est l’un des éléments symbole du 21e siècle. A la fois par ce qu’il contient – messages, photos, films- que par ce qu’il représente – contact vers l’extérieur, connexion- le mobile est devenu un élément caractérisant notre société.

Mais la réussite de cette exposition ne tient pas uniquement au fait qu’elle nous transporte dans le passé. Elle réussit aussi à nous projeter dans l’avenir. Un clip vidéo diffusé dans le dernier espace explore les possibilités à venir, même si « ce ne sont que des projections » explique la directrice de l’exposition « car les compagnies sont très peu bavardes sur le sujet » : lunettes-téléphones, montres-téléphones, puces implantables… Même si ces projections relèvent pour le moment plus de la science-fiction que de la réalité, certains essais pas si éloignés comme les Google Glass rappellent que la technologie est en marche.

La troisième dimension remarquable de cette exposition est sa dimension artistique. Différentes œuvres ponctuent la salle. Pochoiriste, peintres, plasticien, les œuvres présentées sont diverses mais toutes ont la même inspiration : le téléphone mobile. Qu’il soit représenté dans notre quotidien comme dans les pochoirs de Jeff Aerosol ou décomposé comme dans les tableaux de Gabi Wagner, le portable devient un objet esthétique qui inspire.


Enfin, l’exposition Culture Mobile aborde des thématiques économiques ainsi que les stratégies des opérateurs : concurrence des trois opérateurs principaux, développement des forfaits illimités, utilisation de la téléphonie dans les pays en développement… Alors qu’en France des opérateurs privés refusent d’implanter des antennes dans des zones où la densité de population est trop faible – entendez pas suffisamment rentables- créant ainsi de véritables zones blanches, des pays en développement comme Cuba disposent d’une couverture quasi-intégrale de leur territoire…
Après avoir déambulé plus d’une heure dans ce dédale téléphonique, mon seul regret est de ne pas avoir trouvé l’inoubliable Nokia 3310.

Charlotte Cosset

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