Récemment, en rentrant chez moi, j’ai rencontré un groupe de jeunes du quartier qui polémiquaient sur un film qu’ils venaient de voir au cinéma. Il s’intitule «MAROCK», de Leila Marrakchi, réalisatrice franco-marocaine.

En m’incrustant dans leur discussion, après les avoir salués, je me suis rendu compte au fur et à mesure que le film les avait blessés et humiliés. Un gars du groupe lance à haute voix : «Ce n’est pas le Maroc qu’on salit, c’est l’Islam, encore une fois ». Un autre  va même jusqu’à dire « je suis sur qu’il y a un juif derrière tout ça… » Stimulant ma curiosité, j’ai décidé d’aller le voir dimanche à la séance de 20 heures.

Dans la salle, les jeunes étaient  majoritaires et de toutes origines, les filles étaient les plus nombreuses. Au bout de 5 minutes l’actrice principale, Rita (une jeune musulmane) a un coup de foudre pour Youri (un jeune juif), tous les deux sont Marocains. Des insultes de tous genres fusent dans la salle, des popcorns sont projetés, certains jettent même leur boisson à moitié pleine en direction de l’écran. Trente minutes plus tard, une autre scène fait fuir un quart de la salle : Rita, vêtue d’un short et d’un débardeur, entre dans la salle où son frère fait sa prière, elle le provoque et le déconcentre en lui demandant où se trouve son jean. Son frère reste concentré et là elle lui lance : « Tu es zin-zin ? Tu t’es cru en Algérie, tu veux devenir barbu? »

Une certaine tension régnait, la séance était de plus en plus  perturbée, un garçon se trouvant à côté de moi lance une vanne : « Celle-là, elle va se retrouver en enfer, dans le même étage que Clara Morgan (célèbre actrice de X)». Malgré la tension, des éclats de rire font leur apparition lorsque certains personnages prennent l’accent du «bled». En sortant de la salle, des gens se plaignaient du fait que la séance de 22h10 était annulée. Je me suis renseigné auprès d’une hôtesse à propos de cette annulation, elle m’a répondu que depuis la sortie du film, pratiquement toutes les séances sont perturbées, notamment celles de 22h.

Pourtant en visionnant le film, à aucun moment je n’ai ressenti le besoin de quitter la salle, il y a certes quelques scènes osées, mais ça reste «un film». De plus il s’agit certainement d’une réalité que la réalisatrice a voulu mettre en avant. Je ne pense pas que ce film va à l’encontre des musulmans. Il est interdit au Maroc, va-t-il connaître le même sort dans d’autres pays ?

Hakim Azzoug

Hakim Azzoug

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