Une semaine jour pour jour après le passage de NTM au Parc des princes, Indochine plantait son immense tente, en banlieue, au Stade de France, à Saint-Denis. Le concert démarrait par un son repéré dans notre inconscient « sonore » collectif, du type « Les Français parlent aux Français » en ce 70e anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940. Toujours au registre « vieilles gloires de notre brillante armée », le concert avait lieu, comme un pied de nez, une semaine après le décès du général Bigeard, acteur décisif de la bataille de Dien-Bien-Phu qui marqua la fin de la présence de la France… en Indochine.

La vidéo, très présente pendant le concert, avec un panneau formé de cinq très grands écrans, critiquait en images, les guerres, dans un mélange très réussi et très esthétique d’archives et de fiction. Ce concert d’un groupe qui a toujours joué sur l’ambiguïté sexuelle venait ponctuer la marche des fiertés qui traversait Paris ce même jour.

Le public était-il à l’image de celui de NTM, une semaine plus tôt ? Non. Même si un grand nombre des spectateurs portaient aussi des chaussures de sport de marques, des jeans et que les casquettes étaient très présentes et s’il était essentiellement composé de 20-45 ans, le public était plus « blanc », moins coloré et diversifié, même si l’on pouvait noter une proportion importante de jeunes filles ou femmes originaires du Maghreb.

Similitudes entre les deux groupes, un public populaire. Mais ici, plutôt constitué d’employés, d’ouvriers et de salariés précaires. Celui qui, en fait (même s’il est moins connoté en termes d’images), vit aussi beaucoup dans les banlieues de Paris. Un public plus « fleur bleue », moins révolté, moins anti-Sarko; qui reste attaché à ce groupe né au début des années 1980 (contre 1988 pour NTM) ; qui permet à cette formation qui a également traversé un « trou » dans sa notoriété et sa production, d’être le plus ancien groupe français à se produire encore aujourd’hui.

Indochine a fait preuve d’un sacré savoir-faire avec une entrée sur l’image d’un poing qui brise une vitre. Des images noir et blanc, des fumigènes, une sollicitation permanente du public pour chanter et reprendre les paroles, ce qui a très bien fonctionné. Et la bande à Nicola (Sirkis) a aussi innové en chantant au centre du stade quelques titres quasiment en acoustique, dans un style « petites salles » (un effort sûrement apprécié des riverains du stade qui ont subi deux jours de répétitions). Malgré le gigantisme du stade où se groupaient environ 80 000 personnes, dont beaucoup venues en famille, les parents et les enfants. Le style musical a évolué, passant de la new wave des années 80 à la techno d’aujourd’hui, version plus moderne et renouvelée de ce style.

Mathieu Glaymann

Toutes les infos sur la tournée d’Indochine : http://www.indo.fr/

Mathieu Glaymann

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