Steve Tran, est un jeune acteur de 26 ans d’origine vietnamienne. Il débute en tant que comédien à l’âge de 13 ans et a déjà joué dans des films connus du grand public comme « Neuilly sa mère » ou récemment « Beur sur la ville ». A l’occasion de son premier projet solo, « Boom Boom » (un muet/musical), il y a aussi eu la collaboration de Sébastien « Seby » Kong, celui qui à réalisé ce court-métrage. Il a 30 ans et il est d’origine chinoise. Ce dernier a réalisé beaucoup de vidéos pour divers artistes (Britney Spears, Jermaine Jackson).

Leur première rencontre débute il y a 6 ans et semble avoir bien marqué Sébastien car celui-ci en rit toujours : « C’était juste mon voisin d’en face ! Il était acteur depuis de nombreuses années et moi j’étais réalisateur depuis de nombreuses années aussi. On s’est forcément dit qu’il fallait qu’on fasse quelque chose ensemble. Mais vu qu’on n’avait pas trop les moyens financiers et techniques, on a décidé de faire un muet/musicale ». Steve poursuit : « Surtout qu’on adore Charlin Chaplin ! Ce qui fait que çà a vraiment été fait par passion et hommage aussi ».

Le thème abordé dans ce court-métrage est l’amour et uniquement l’amour. Steve raconte : «Déjà l’histoire est tirée de mon propre vécu, donc j’ai voulu retranscrire tout çà mais en mettant le côté amour avant le côté communautaire. En voyant le film justement, tu oublies que Minh est Viet et que Jasmine est Algérienne. Tu vois plutôt un mec et une femme ». Beaucoup d’acteurs (Ramzy Bédia, Booder, Issa Doumbia) les ont rejoints bénévolement et par amitié. Le film a été tourné en 4 jours, plus 3 mois de montage.

Or un bémol est apparu : « Vu qu’il s’agissait d’un muet/musical, et qu’on voulait mettre de la musique  soul. On avait mis des chansons de Michael Jackson ou de Al Green dans le film. Sauf qu’on n’avait pas les droits d’auteurs. Cette difficulté a causé du retard. On a dû tout revoir au niveau de la bande sonore, appeler un compositeur pour qu’il nous fasse des morceaux exclusifs. Et heureusement qu’il y avait Mr. Nov et Jo Soul pour contribuer à la B.O et rester dans le registre soul qu’on voulait initialement » confie le jeune réalisateur.

Hormis le film, Steve tenait à tordre le cou aux clichés sur les Asiatiques et exprimer sa vision de ces derniers dans le monde du cinéma : « Avec Boom Boom, je voulais dire et prouver qu’un Asiatique pouvait aussi avoir des sentiments à l’écran et qu’il peut tomber amoureux. Car à chaque fois qu’un Asiatique passe dans un film c’est soit parce qu’il est sans papier, soit pour venger un frère ou soit, souvent, pour récupérer un médaillon sacré. Donc on a pris tout le matos qu’on pouvait et on a monté Boom Boom afin d’offrir autres choses que les clichés habituels. »

 

Le film qui à été tourné en 2010, a pourtant été devancé par une oeuvre du même style, « The Artist ». Steve  me dit : « Je connaissais Guillaume Schiffman, le chef opérateur du film « The Artist ». A l’époque, il m’avait demandé ce que je faisais à ce moment là.  Je lui avais dit que je travaillais sur un projet perso, un muet/musical. Et là il me dit que c’était dingue car lui-même travaillait sur un muet/musical avec Jean Dujardin ! C’était hyper drôle cette coïncidence ».

Sébastien aussi à la sienne : « J’étais en soirée avec Thierry Frémont (le seul acteur français qui à gagné un Emmy Awards) et je lui expliquais que je tournais un film muet avec Steve Tran. Et là il me dit : « Ah bon ? Michel Hazanavicius va aussi en faire un avec Jean Dujardin ! ». Je lui ai dit que nous, on l’avait déjà fait ». Cela n’a pas empêché les deux amis d’apprécier « The Artist », qu’ils jugent « excellent » d’ailleurs.

Après une soirée de lancement réussie (la soirée Boom Boom du 25 janvier), les deux camarades vont à présent présenter leurs œuvres dans divers festivals.

Prosith Kong

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