Il y a quelques jours était organisé pour la première fois en Île-de-France un festival de bande-dessinée. Au programme : expositions, dédicaces, ateliers, parade moto, concerts et baptême de side-car.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOLYMPUS DIGITAL CAMERAAvec 800 entrées, plusieurs exposants se sont montrés déçus quant à l’affluence. Mais il y a des circonstances atténuantes : un organisateur a abandonné le projet il y a un peu plus d’un mois. « Et le lieu, Bondy, les gens ça leur fait peur », dixit Christophe, co-organisateur. Le choix d’une zone industrielle, critiqué par certains n’était-il pas une erreur ? « Au contraire parce qu’on peut faire du bruit le soir, il pouvait y avoir des motos sans crainte de déranger le voisinage et on a pu faire un spectacle de feu avec des artifices qu’on n’aurait pas pu faire en ville pour des raisons de sécurité. » Si vous aviez des idées préconçues sur le mode de vie et les goûts de l’organisateur d’un tel événement, vous risqueriez d’être surpris : « Je n’ai pas de permis moto et je ne suis pas du tout calé en  moto. Je suis imprimeur de textile. J’imprime énormément de slogans et je travaille avec tous les gens qui ont pris part au festival depuis plus de 10 ans. Donc on se voit régulièrement le week-end, on mange ensemble… On ne parle pas de moto mais ce qui me plaît c’est la passion. Voir le cœur qu’ils mettent à l’ouvrage à restaurer de vieilles motos me fait briller les yeux comme un enfant. »

Différents artistes et vendeurs étaient réunis dans la salle de concert au restaurent Guest Live, là où un one man-show et plusieurs concerts ont eu lieu la veille. Par rapport à la nuit précédente, l’ambiance était paisible, loin des tonnes de décibels inhérents aux concerts de rock. Un des vendeurs faisait épisodiquement tourner son gramophone, diffusant ainsi de vielles chansons à partir de vinyles de 78 tours.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPeut-être vos enfants ou vous-même connaissez cet homme sous son véritable nom : Olivier Vogel.  Pour tous les autres, c’est Mickson. « Mick » pour « Mickey » et « son » pour « fils ». Depuis près de 30 ans, cet artiste dessine Ratus, une souris qui accompagne les enfants dans leur apprentissage du français. Une longévité qui a permis à Mickson de constater les bienfaits de son œuvre : « Il y a des filles qui ont appris à lire avec Ratus et qui sont institutrices maintenant. » De temps en temps il répond à certaines de leurs invitations en se rendant en classe, pour apprendre aux enfants à dessiner. Comment tout cela a t-il commencé ? « C’est toujours une question de hasard. Je travaillais avec un copain qui faisait des trompe-l’œil et des fresques comme je l’ai fais pendant longtemps. Il travaillait dans une maison dont les propriétaires lui ont demandé s’il connaissait quelqu’un qui pouvait dessiner un personnage pour enfants : un petit rat. Il y avait cinq dessinateurs. Une fois nos travaux terminés, ils sont passé de classe en classe. Et ce sont les enfants qui ont mis une croix sur celui qu’ils préféraient. Donc j’ai été choisi par mes petits lecteurs. » Autre motif de fierté pour son créateur : Ratus est le premier personnage de BD à avoir intégré le programme de l’Éducation nationale. Mickson dessine depuis qu’il est tout petit : premier concours de sculpture à savon remporté à la maternelle ! Il a exerce son art dans tous les domaines : marketing, BD, dessins animés (Les petits fantômes), pochettes de disque, décors de pièces de théâtre, de films, de clips (« J’ai fais tout un clip de Jesse Garon »), coutures, logos pour entreprises et tatouages. Au milieu de tout ça, d’où lui vient son intérêt pour la moto ? « C’est parce qu’on aime être indépendant, qu’on n’aime pas être bloqués dans les embouteillages, qu’on aime être libres. C’est un moyen dangereux de se déplacer mais fantastique aussi, parce qu’on ne perd pas de temps. Et quand on est à moto, il n’y a pas de radio, il n’y a personne derrière vous… on est tranquille. C’est un stress positif. Il faut faire attention à ce qui se passe autour. Ceux qui ne font pas attention ne roulent pas longtemps (rires) ! »

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAprès avoir pris sa retraite, Joel a voulu faire une guitare cheap, c’est-à-dire composée uniquement de matériaux de récupération ou bon marché. Mais ça s’est avéré être un loupé. Seul le manche était satisfaisant et il restait à Joel un bidon d’huile. C’est alors qu’il a pensé aux bluesmen américains : «  À l’époque de l’esclavage, ils travaillaient dans des plantations de tabac et de coton. Ils se faisaient des instruments avec tout et n’importe quoi. Des boîtes à cigares, des vieux bidons… » Avec le manche et le bidon d’huile, Joel s’est concocté une guitare électrique. C’est bien sûr un peu plus compliqué que ça : « Il suffit de mettre un manche, de le fixer de manière à ce que ça ne se déforme pas et puis faire un instrument qui soit juste. Il faut que le diapason soit bien choisi. Il y a des critères pratiques et esthétiques qui jouent. L’instrument doit être harmonieux tout en respectant un certain nombre de critères techniques indispensables. Ensuite on monte un micro sur le bidon, on met un potentiomètre de volume, une tonalité, une sortie jack et le tour est joué. Je connais des Africains qui font de la musique avec beaucoup moins que ça. Et qui font de la bonne musique en plus. » Les guitares de Joel ont été essayées par des jazzmen qui les ont trouvées « confortables avec un son qui sort de l’ordinaire et est agréable. »

Olufemi Ajayi

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