Emmanuelle Carinos et Benoît Dufau, 24 et 25 ans, étudiants en sociologie et littérature à l’École Normale Supérieure ULM et amoureux de rap, ont retourné les amphis du haut lieu de la littérature et de la culture légitime. Depuis janvier, ils animent des séminaires de Rap « La plume et le bitume » et dissèquent les textes de rap avec finesse et tendresse.
Bondy Blog : Comment êtes-vous tombé amoureux du rap ?
Emmanuelle : Moi je viens de Marseille. Mes parents étaient ouverts musicalement, ils écoutaient de la musique contestataire et IAM. Chez moi tout le monde écoute IAM, c’est la base (rires). Après je m’y suis beaucoup intéressée, mon petit frère est graffeur aussi, du coup il est très impliqué dans la culture Hip-hop de ma petite ville. On a commencé à partager une passion de ouf. Je pense que de ma génération, le phénomène « 8 mile » d’Eminem a joué dans la diffusion du rap. Après aussi,  j’aime bien la musique et je devenais de plus en plus quelqu’un de littéraire : à la fois ça me rappelait Marseille, mes origines et le goût de langue. Ça me rappelait d’où je venais et là où j’allais arriver. C’est vraiment ma vie.
Benoit : Moi j’ai découvert le rap avec Psykick Lyrikah, quand j’étais au lycée : « La Sphère » et « Le dernier chapitre ». Pour moi, c’est l’écriture la plus originale, la plus atypique du rap français, c’est un peu le rap des profs de français (rires). En fait, j’ai vécu un aller-retour entre rap et littérature : la littérature m’a poussé vers le rap, par exemple, 1984 de George Orwell, L’étranger de Camus. Aussi, le rap m’a poussé vers la littérature, j’ai commencé à lire Dostoïevski quand j’écoutais Psykick Lyrikah. Si j’ai choisi de faire ma thèse sur Corbière, le premier poète maudit dans l’œuvre de Verlaine, le rap n’y est d’ailleurs pas pour rien : comme dans le rap, il joue sur les jeux de mots, l’agressivité et la parodie.
BB : Comment est née l’idée d’un séminaire rap à l’École Normale supérieure (ENS) ?
Benoit : C’était mon année de transition après l’agrégation de Lettres et avant de débuter ma thèse, alors j’ai eu l’idée de faire un séminaire d’élèves sur le rap. À l’ENS, je ne connais pas beaucoup de gens qui aiment le rap. Par un ami commun, j’ai rencontré Emmanuelle, aussi étudiante à l’ENS et passionnée de rap. Le séminaire « La Plume et le Bitume » il est né à la fois de l’amour, de la haine et du désir. De l’amour parce que de l’amour du rap. On n’est pas seulement des étudiants en littérature, mais aussi, des auditeurs, des amateurs, des amoureux de rap. Le séminaire c’est un lieu d’étude, mais aussi c’est aussi un lieu de partage et de passion. On peut reprendre à notre compte, les mots de Casey : « Nous vouons un véritable culte au tumulte que pratiquent les prétendus incultes que ce système insulte ». La question de l’insulte nous amène à la haine, car la culture du rap est toujours dénigrée, ridiculisée réduite à ce que Zemmour appelle « une sous-culture d’analphabètes »… Ces gens-là accusent les rappeurs de ne savoir ni lire ni écrire, mais ils ne savent peut-être pas écouter. Enfin, le désir d’explorer la richesse linguistique et stylistique du rap, car « riche d’une prose qui explose » pour citer Flynt. Il y’a une richesse de la prose rap et effectivement, ça explose.
Emmanuelle : Le rap, ça crée des liens à l’ENS. On rencontre des gens qu’on n’aurait jamais rencontrés en dehors de cette école. On a ramené un public diversifié entre les murs de l’école  : il y a des gens de l’ENS, d’autres facs de Paris, d’autres écoles, mais aussi des amateurs de rap, des fans de Lino, des fans de Kohndo. Le principe des séminaires c’est qu’il y’a une grande parole accordée à la salle. On apporte des compétences et capacités stylistiques et sociologiques et la salle nous apporte d’autres trucs super riches : des références culturelles, des connaissances en rap, etc. En vrai, c’est la meilleure expérience de mon année, on crée des liens entre deux mondes sociaux qui ne se parlent pas et qui ne se comprennent pas.  Le séminaire, il est né d’une frustration aussi. Quand on lit des interviews, on demande toujours aux rappeurs de prendre des positions sur des clashs, d’être des représentants de la banlieue, de parler de Charlie Hebdo. Nous, on voulait apporter autre chose pour que les échanges soient différents. À l’ENS, ils sont invités pour ce qu’ils font en tant que créateurs, pas en tant que représentants de quelque chose. Pour Vîrus, Lino et Kohndo, c’était hyper valorisant qu’on considère leurs textes comme de l’art, qu’on accorde de l’importance à leur travail sur la langue, le style. Le laboratoire de la langue compte beaucoup pour eux. Dans le livre « Histoire du rap en France » de Karim Hammou, il dit que les chercheurs en sciences sociales ont toujours considéré le rap pour autre chose que lui-même : le rap c’est intéressant parce que c’est politique, parce que ça a un rapport avec les cultures orales africaines. Mais le rap, c’est un art avant tout.
BB : Pourquoi avoir fait un séminaire sur le rap français ?
Benoît : Le rap ce n’est pas une écriture d’illettrés, mais une écriture millimétrée. Elle mérite non seulement d’être bien entendu, mieux entendue, d’être lue, mais aussi d’être pensée. Comme dit Médine : « Sais-tu vraiment ce qu’est le rap français, pas une machine à sous, mais une machine à penser ». C’est une invitation à penser le rap. Ce n’est pas une musique de décérébrés. Il y’a une jubilation que ces pseudo-intellos qui méprisent le rap et de faire un séminaire sur une culture que Zemmour et d’autres méprisent complètement. Il y’a des réponses et des lieux symboliques. En fait, on ne pouvait pas faire des conférences dans des lieux déjà dédiés au rap. Qu’on puisse associer rap et ENS, rap et poésie pour que les gens se disent peut-être que le rap ce n’est pas si bête. Entre les détracteurs et les amoureux, il y’a des indécis, des gens qui ne savent pas trop quoi en penser et c’est pour ces gens-là aussi.
BB : Quelle est la question qui transcende vos séminaires ?
Benoît : Au niveau général, on a voulu proposer une approche stylistique, pas comme l’expression un peu maladroite et exotique de jeunes de banlieues énervés qui sont mal dans leur peau, peau plus ou moins foncée. Aussi d’interroger le rapport des rappeurs à l’écriture, à la langue et aux mots. Ce qui a transcendé les séminaires c’est la question qu’on pose : « Comment ces obsédés textuels conçoivent-ils leur sale littérature ? » Concevoir au sens de comment ils élaborent, créent leur littérature et eux comment ils se représentent leur art, l’idée qu’ils se font du rap et de l’écriture. Souvent, on parle du rap en général, même les spécialistes divisent le rap entre d’un côté, l’ego trip et le rap conscient. Mais eux n’analysent pas le style particulier des textes, la stylistique c’est un moyen de rentrer dans le détail de l’art des rappeurs.
Emmanuelle : En littérature, on entend souvent : « Baudelaire c’est l’écriture de Racine associé à la sensibilité journalistique de son époque ». Et en fait, chaque rappeur a aussi une personnalité forte qui donne une cohérence à son style et son œuvre musicale. Il y a des spécificités des écritures rappées. La phrase de Proust qui dit « le style est une vision du monde », c’est vrai dans le rap. Ils expriment une vision du monde qui dure sur plusieurs années comme les écrivains. On veut prendre les rappeurs au sérieux.
BB :  Comment préparez-vous vos séminaires et quel est leur fonctionnement ?
Benoît : Après notre rencontre, on est parti du concept qu’on voulait avoir des invités. Donc les séminaires fonctionnent en diptyque : une séance sur le rappeur sans le rappeur et ensuite on pose des questions riches lors de la séance avec le rappeur. L’idée, c’est de ne pas lui poser des questions pourries, de le considérer comme un artiste et de ne pas avoir le monopole de la parole. Une fois que les rappeurs acceptent nos invitations, on écoute en boucle pendant plus d’un mois le rappeur qu’on va étudier, toute la discographie, même les inédits et les freestyles.
Emmanuelle : À la base quand j’écoutais Vîrus, je connaissais que l’Asocial club. Puis, j’ai écouté le morceau « Des fins » que j’ai adoré et j’ai décidé de travailler dessus, notamment sur le capharnaüm des mots. Il y’a une alternance entre travail général sur l’artiste et son rap  et un commentaire stylistique où Benoît s’intéresse au niveau stylistique de cohésion et à la cohérence textuelle. On se coordonne, mais chacun a son style. On ne se concerte pas forcément. C’est plus une question de sensibilité : pour Lino, par exemple, j’ai travaillé sur ses « punchlines » et Benoît a fait un commentaire stylistique du morceau « Requiem ».  Ah oui, DJ Bachir, le DJ de Vîrus, nous a interviewés pour sa radio il a dit : dans votre collaboration, il y’a la fille rageuse, c’est Booba et le mec calme, c’est Ali (rires). Moi je crois vraiment au travail collectif. Le rap d’ailleurs c’est une forme d’art collectif.
BB :  Parler rap à l’ENS, c’est un peu politique non ?
Benoît : L’ENS, c’est l’ancienne école de la grande référence littéraire des rappeurs : Aimé Césaire. Kohndo l’a redit. Il y’a un effet politique de fait. Organiser ce séminaire ici, considéré comme un haut lieu de la culture, des sciences, des lettres, c’est une réponse symbolique aux détracteurs du rap et aux gardiens autoproclamés  de la bonne et de la grande culture.
BB : Quelles ont été les réactions des professeurs, des élèves, du public ou même des rappeurs invités qui ont pu se sentir récupérés ?
Benoît : Il y a eu des réactions très enthousiastes : « enfin du rap à l’ENS ! ». Mais aussi des réactions étonnées et curieuses et d’autres gens qui disent : « c’est n’importe quoi du rap à l’ENS, c’est la fin de la culture, tout part en couille ». Le problème c’est qu’on est pris entre deux feux même si les flammes ne nous dévorent pas : il y’a le camp de ceux qui trouvent ça catastrophique et d’autres qui aiment vraiment le rap et qui trouvaient au début que c’était de la récupération, il y a une position anti-intellectualiste, le rap ne s’intellectualise pas, ça enlève l’énergie au rap. Certaines personnes à la base avaient cette vision-là : des normaliens qui analysent des textes de rap, c’est forcément des hipsters méprisants (rires). Mais quand ils sont venus au séminaire, ils ont changé de vision et trouvaient qu’on faisait un truc fort symboliquement et politiquement. À un des séminaires, Kohndo a lancé : « les institutions sont plus bienveillantes à notre égard que les médias ». Lui est prof dans un conservatoire, et il se sent pas récupéré. Les trois rappeurs invités se sont sentis respectés, il y’avait une forme de reconnaissance sur la langue, l’écriture, le style. Et de cette forme de reconnaissance, une forme de revanche saine sur l’école, parce que tous les trois avaient le sentiment d’être ressortis par la petite porte de l’école et de rentrer par la grande porte de la rue d’Ulm. Ali dit : « Ni de l’ENA, ni de Sciences Po, j’ai partagé les bancs avec X-Men et les Sages Po ». Finalement, désormais, l’école du rap peut mener à l’ENS.
Emmanuelle : Entre les murs, ils voient qu’on taffe sérieusement, qu’on n’est pas méprisants.
BB : Quelle est la difficulté d’une approche pertinente du rap ?
Emmanuelle : On veut le prendre à la base, on aimerait travailler aussi sur les rapports avec le flow et la musique. La difficulté d’une approche pertinente du rap : c’est la dimension du flow, de la musique et du style. Ça requiert 3 types de compétences différentes et il n’y a pas de parcours universitaire « rapologie » en France.
Benoît : Il faudrait faire une phonostylistique du rap, prendre en considération la dimension sonore. On essaie de le faire, mais si on veut être rigoureux, il faut des compétences très pointues. Le Bondyblog peut lancer un avis de recherche : recherche phono stylisticien (rires). On a trop de philosophes, on veut des phonéticiens.
BB :  Souvent, les rappeurs ont un rapport très intuitif à l’écriture, vous n’avez pas peur de trop intellectualiser les textes de rap ?
Benoît :  Sur les textes, nous on met le mot technique, par exemple, anadiplose. En fait, on a conscience qu’ils ont un rapport intuitif à la langue, mais c’est comme les écrivains. Au fond, la question, ce n’est pas de savoir s’ils ont fait exprès ou pas. Je pense que dans le rap, ils ont une conscience stylistique contrairement à la chanson française où on ne retrouve pas la mention explicite et la revendication forte de figures comme la  métaphore, l’assonance, l’allitération. Ils ont une conscience stylistique. Après, les figures nommées sont les figures de style de base. Quand Kohndo dit : « Je vis pour la musique, par la musique, je ressens la musique ». Ça s’appelle une épiphore, mais il ne l’a pas placé au pif et il sait ce qu’il fait. Il y’a une conscience sans connaître le nom de la figure de style. Et parfois, les figures de style sont inconscientes, des sonorités qui se télescopent sans que ce soit fait exprès. Nous on analyse ce que dit le rappeur et non ce qu’il veut dire. Il y a les intentions de l’auteur et ce qu’il réalise effectivement. Nous on analyse vraiment ce qu’il écrit. C’est une œuvre d’art étudiée pour elle-même. Par exemple, Kohndo dans le morceau « Ghetto music », il ne fait pas exprès d’utiliser des mots d’étymologie latine : « expression », « exister », « exprimer » dont le préfixe latin ex signifie hors de. La question de « Ghetto music » finalement, c’est dire que le rap appartient au ghetto, mais que c’est aussi un moyen d’en sortir. Et il n’en avait pas conscience en l’écrivant. Après quand on lui a dit, il l’a conscientisé. Au fond tout son rap, c’est une histoire d’entrée et de sortie, il s’agit de voir au-dessus des murs. Kohndo nous a dit : « c’est une véritable psychanalyse » (rires).
BB :  Vous vous sentez légitimes en tant qu’intellos à parler de rap ?
Emmanuelle : J’ai fait mon mémoire sur le rap à Paris IV, mais j’ai mis un an à accepter de faire un mémoire sur le rap à la Sorbonne. De la position qu’on occupe en tant qu’intello, on a un rôle à jouer qui n’est pas négligeable. Le rap a en lui même les caractéristiques que même en tant qu’intello, on aime avec nos dispositions. Il faut arrêter avec l’idée que tous les gens qui écoutent et aiment le rap l’apprécient, car c’est des transfuges devenus intellos.
Benoît : Je ne me pose pas la question de la légitimité, on fait les choses. Le directeur du département était assez curieux, étonné. Les séminaires d’élèves d’habitude c’est 10 personnes et nous on a fait 200 personnes avec Lino. Ils étaient intrigués, surpris. On a fait deux séances avec deux profs de l’ENS Anne-Marie Paillet et Paul Clavier. Paul Clavier a comparé le rap à l’opéra. Il y’en a qui ont froncé les sourcils, mais globalement on a été soutenu.
BB : Le rap est beaucoup fantasmé, qu’en pensez-vous ?
Emmanuelle : Le rap c’est fait aussi pour fantasmer, même les rappeurs fantasment leur vie. Le rap, c’est un ethos, une posture avec des effets poétiques. Il y’a une part de fiction, Akhenaton le dit : » on n’accorde pas aux rappeurs le droit au second degré ». Tout est pris au pied de la lettre. Il ne faut pas qu’on tombe dans une catégorisation du bon rap et du mauvais rap : Wati B pour les gens qui ne font pas d’étude et un rap plus conscient. Il faut une vision ouverte du rap et aimer le rap pour ce qu’il est dans toute sa diversité : j’écoute autant Maitre Gims que Dooz Kawa et les deux j’ai du plaisir. On a insisté sur l’approche stylistique, pas normative.
BB : Que vous a apporté cette expérience ?
Emmanuelle : Partager une passion, avec des gens qui ne se rencontrent pas, deux mondes sociaux qui ne se rencontrent pas. Et l’important de faire quelque chose qui va faire bouger les choses.
Benoit : L’enrichissement personnel et les rencontres. Et aussi, l’argent, les meufs, le champagne (rires). Ça m’apporte une street cred que j’avais pas (rires). Le plaisir de l’analyse intensifie le plaisir de l’écoute. Dans Les confessions, Rousseau parle de botanique et il dit que le type qui admire les plantes et qui n’est pas dans la botanique il est condamné à être dans la reproduction de la même admiration béate et muette. La botanique, ça permet d’avoir la connaissance plus fine et d’intensifier le plaisir. Comme dit Rocé dans son dernier morceau : « creuser c’est notre idée de l’élévation ». C’est un peu ça ! (rires)
BB : Vous allez renouveler l’expérience ou créer un département destiné au rap ?
Emmanuelle et Benoît : On va faire « La Plume et le Bitume » Part 2 l’an prochain ! Après je pense qu’il faut qu’on publie des trucs d’un point de vue universitaire. Notre rêve,  ce serait de créer Les Hiphop Studies en France, comme c’est le cas aux États-Unis.
Propos recueillis par Myriam Boukhobza

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