Sorti en salles mercredi 25 septembre, Rush raconte le duel qui a opposé Niki Lauda à James Hunt pendant la saison 76 de Formule 1. Ce film a été réalisé par Ron Howard, à qui nous devons notamment Apollo 13 ou Da Vinci Code.

Comment un féru de sports mécaniques perçoit l’arrivée sur grand écran d’un film consacré à un sujet qui le passionne ? Cela dépend des productions précédentes qu’il a en mémoire : Michel Vaillant et Le Mans. Pas mauvais, mais pas non plus transcendant. Par rapport à ces deux films, Rush s’inspire de faits réels. La discipline reine du sport automobile -sur circuit tout du moins- a la cote au cinéma, deux ans après la sortie de Senna.

Rush s’inspirant de faits réels, inutile de s’étendre sur le « scénario ». Sachez tout de même que le film a été approuvé par le seul des deux protagonistes encore en vie aujourd’hui : Niki Lauda. Les scènes de course sont intenses, même si certains mouvements de voitures ne paraissent pas naturels. Les bruits des moteurs donnent le frisson, l’impression de puissance est amplifiée par quelques effets visuels. On a l’impression d’être au cœur de la course, plus encore que ce qui nous est proposé à la télé lors des dimanches de Grand Prix. La magie opère, même si bolides que l’on voit à l’écran ne sont pas des monoplaces de Formule 1.

En effet, des pilotes propriétaires d’anciennes Formule 3 ont participé au tournage. Des amateurs certes éclairés, mais ne souhaitant évidemment pas abîmer leur joujou. D’où des passes d’armes plutôt moyennes par rapport à la réalité, malgré les efforts de mises en scène. On est mieux servi du côté des Fast and Furious. Si on connaît bien quelques circuits célèbres, on remarque que certaines pistes -la plupart en fait- ne correspondent pas du tout aux Grand Prix en question. L’équipe de tournage n’a évidemment pas fait le tour du monde en embarquant plus d’une dizaine de monoplaces d’un circuit à l’autre. On se laisse malgré tout embarquer dans la course.

Si les personnalités des duellistes semblent plus ou moins respectées -malgré quelques scènes caricaturales jouées par Chris Hemsworth, l’interprète de James Hunt- on aurait souhaité une retranscription plus fidèle du déroulement de la saison 1976 de Formule 1. Celle-ci a en effet été entachée de plusieurs réclamations, d’appels et de contre-appels, qui ont d’ailleurs entraîné une désaffection du public. Si la victoire de James Hunt au Grand Prix d’Espagne lui a été rendue comme mentionné dans le film, l’anglais a bien été déclassé lors de celui de Brands Hatch. Ce n’est là qu’un des nombreux exemples des omissions que les connaisseurs noteront. Mais il s’agit d’une fiction basée sur des faits réels, pas d’un documentaire. En tant que tel, Senna avait un devoir d’objectivité. Il en avait aussi les moyens : une moitié du film était composée de vidéos d’archives du Championnat du monde de Formule 1 et l’autre d’interviews. Par rapport à Rush, les luttes en piste sont plus âpres. C’est la moindre des choses puisque les images sont tirées des courses disputées à l’époque.

La rivalité entre les pilotes est bien présente dans le film. Peut-être un peu trop. Les relations entre Niki Lauda et James Hunt ont toujours été cordiales. Le temps passé en convalescence par Lauda n’a pas été mis à profit par son adversaire pour enchaîner les victoires. Mais le fait d’avoir joué avec ça ne fait que renforcer l’intensité dramatique du retour de l’Autrichien, 37 jours seulement près son accident au Nürburgring. Les pilotes prennent malgré eux une dimension de gladiateur. La mort rôde autour de chaque représentation de l’élite du sport automobile. Sans nommer le pilote, on devine que la première victime du film est François Cevert, celui qui aurait pu être le premier champion du monde français. À ce propos, certains accidents manquent de réalisme. Il est inutile d’être passionné de sports mécaniques pour apprécier ce film. Mais après l’avoir vu on souhaite que la Formule 1 retrouve un peu de sa fraîcheur perdue.

Ajayi Olufemi

 

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